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Zones inondables et risques sismiques : construire en zone à risques, les règles à connaître

Près de 18,5 millions de Français résident dans une zone exposée aux inondations par débordement de cours d'eau ou submersion marine, selon le [ministère de la Transition écologique](https://www.ecol…

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Zones inondables et risques sismiques : construire en zone à risques, les règles à connaître

Sommaire


Près de 18,5 millions de Français résident dans une zone exposée aux inondations par débordement de cours d'eau ou submersion marine, selon le ministère de la Transition écologique. Le zonage sismique, de son côté, soumet plus de 21 000 communes à des contraintes parasismiques, contre 5 000 sous l'ancien découpage. Pour un constructeur, un maître d'oeuvre ou un bureau d'études, la probabilité d'intervenir sur un terrain classé en zone à risques n'a rien d'hypothétique : c'est un scénario récurrent qui exige une maîtrise rigoureuse du cadre réglementaire.

Cet article passe en revue les obligations concrètes liées aux plans de prévention des risques (PPR), les règles parasismiques PS-MI et Eurocode 8, le régime d'assurance CatNat remanié en 2025, et les étapes pratiques pour monter un dossier de permis de construire conforme en zone exposée.

En bref : Toute construction en zone inondable ou sismique doit respecter les prescriptions du PPR local et les règles parasismiques correspondant à la zone de sismicité de la commune. Depuis le 1er janvier 2024, une attestation parasismique renforcée est requise au dépôt du permis et à l'achèvement des travaux. La surprime CatNat sur les contrats dommages est passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025. Le non-respect des normes parasismiques constitue en lui-même un désordre décennal, même sans survenance d'un séisme.


Construire en zone à risques en France : une réalité chiffrée

L'ampleur du risque inondation

La France n'est pas épargnée par les aléas naturels. Les données publiées par Géorisques dressent un constat net : une commune sur deux est touchée par le risque d'inondation sur au moins une partie de son emprise. Les régions Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur concentrent la majorité de la population exposée.

Sur la période 1982-2024, les inondations représentent 51,5 % du coût total des catastrophes naturelles couvertes par le régime CatNat, soit plus de 27 milliards d'euros sur un total de 53,7 milliards, selon la CCR. La seule année 2024 a généré un coût global de 5 milliards d'euros pour les événements climatiques, d'après France Assureurs.

Le risque sismique : moins visible, tout aussi réglementé

Le décret n° 2010-1255 du 22 octobre 2010 a redessiné le zonage sismique français en passant du canton à la commune comme unité de référence. Le nombre de communes soumises à des obligations parasismiques a plus que quadruplé. Les zones 3 (modérée) et 4 (moyenne) couvrent l'arc alpin, les Pyrénées, le fossé rhénan et une partie du Massif armoricain. La zone 5 (forte) concerne exclusivement les Antilles françaises.

Pour un constructeur, la question n'est jamais de savoir si un chantier tombera en zone réglementée. C'est de savoir quand. Mieux vaut vérifier le classement d'une parcelle avant de signer un devis que de découvrir les contraintes au moment de l'instruction du permis.

Deux aléas cumulables sur un même terrain

Un terrain situé en vallée alpine ou dans les Pyrénées-Orientales peut cumuler un classement en zone inondable (PPRi) et en zone de sismicité 4. Le constructeur doit alors respecter simultanément les deux réglementations. Cette superposition complexifie le dimensionnement des ouvrages, le choix des matériaux et le montage du dossier administratif. Comme nous l'expliquons dans notre article sur les diagnostics obligatoires avant travaux, la phase de vérification préalable conditionne tout le reste du projet.


Comment fonctionne le plan de prévention des risques (PPR) ?

Un document opposable annexé au PLU

Le plan de prévention des risques naturels (PPRN) a été institué par la loi Barnier du 2 février 1995. Élaboré par les services de l'État sous l'autorité du préfet, il est soumis à consultation des communes et enquête publique avant approbation. Une fois approuvé, le PPR constitue une servitude d'utilité publique (SUP) annexée au plan local d'urbanisme. Toute demande de permis de construire déposée sur son périmètre doit en respecter les prescriptions.

Selon le Cerema, 74,4 % de la population française résidant en zone exposée aux inondations par cours d'eau est couverte par un plan de prévention. Le décret n° 2019-715 du 5 juillet 2019, codifié aux articles R. 562-11-1 et suivants du Code de l'environnement, a précisé les règles générales d'interdiction et d'encadrement des constructions dans les PPRi.

Le PPR se compose de trois pièces :

  1. La note de présentation : description des aléas, de leur intensité et des enjeux sur le territoire.
  2. Les cartes réglementaires : délimitation des zones par niveau de risque.
  3. Le règlement : prescriptions constructives applicables zone par zone.

Zones rouges, bleues et blanches : ce que chacune impose

Zone Niveau d'aléa Constructibilité Prescriptions types
Rouge Fort à très fort Inconstructible (sauf exceptions) Interdiction de construction nouvelle, extensions limitées sur l'existant
Bleue Modéré Constructible sous conditions Cote plancher au-dessus de la PHEC, matériaux résistants à l'immersion, ancrage des équipements
Blanche Faible ou nul Constructible Règles d'urbanisme de droit commun

Attention : La zone rouge n'est pas un couperet absolu. Depuis 2019, certains PPRi autorisent la construction en zone urbanisée à aléa fort, dans le cadre d'opérations de renouvellement urbain avec réduction de la vulnérabilité globale. Ces exceptions restent encadrées et nécessitent une démonstration technique solide.


Quelles sont les règles de constructibilité en zone inondable ?

Les prescriptions constructives des PPRi

Construire en zone inondable, quand c'est autorisé, impose d'adapter chaque composant du bâtiment. Les prescriptions varient d'un PPRi à l'autre, mais un socle commun se retrouve sur la majorité des territoires.

Cote de plancher. Le premier niveau habitable doit se situer au-dessus de la plus haute eau connue (PHEC), souvent majorée d'une revanche de 20 à 50 cm selon les cas. Sur certains secteurs, cette cote est calée sur la crue centennale majorée.

Choix des matériaux. En dessous de la cote de référence, tout matériau doit résister à une immersion prolongée. Exit les cloisons en plaques de plâtre standard, les isolants fibreux non protégés et les revêtements sensibles à l'eau. Béton, carrelage, enduits ciment et isolants à cellules fermées sont privilégiés.

Réseaux et équipements. Tableaux électriques, chaudières et équipements sensibles doivent être positionnés au-dessus de la cote de référence. Les canalisations traversant la zone submersible doivent être étanches et équipées de clapets anti-retour.

Transparence hydraulique. Certains PPRi imposent que les constructions ne fassent pas obstacle à l'écoulement des eaux, ce qui conditionne l'orientation du bâtiment, la conception des clôtures et parfois l'interdiction de remblai.

Le non-respect de ces prescriptions expose le maître d'ouvrage à un refus de permis de construire. Si le bâtiment est déjà édifié, une mise en demeure de mise en conformité peut être prononcée. La responsabilité décennale du constructeur est également engageable si un désordre découle du non-respect des règles de construction en vigueur au moment du chantier.

Travaux sur l'existant en zone rouge : ce qui reste possible

Même en zone inconstructible, des interventions sur l'existant sont autorisées sous conditions :

  • Travaux de mise en sécurité et de réduction de la vulnérabilité (batardeaux, rehaussement du tableau électrique, déplacement de la chaudière à l'étage).
  • Entretien courant sans changement de destination ni augmentation de l'emprise au sol.
  • Extensions limitées, souvent plafonnées à 20 m² d'emprise au sol, sans création de logement supplémentaire.

Exemple : Sur un chantier en zone rouge du PPRi de la Loire, un artisan a réalisé une surélévation partielle d'une habitation existante pour déplacer les pièces de vie au-dessus de la cote de crue centennale. Le dossier a nécessité une étude hydraulique spécifique, un avis favorable de la DDT et un diagnostic structurel préalable confirmant que la structure porteuse pouvait supporter la surcharge. Le surcoût lié aux adaptations représentait environ 10 % du montant des travaux.

Trois approches constructives en zone inondable

Zones Inondables Risques Sismiques Construction - illustration 1

  1. Surélévation sur pilotis ou vide sanitaire inondable. Le bâtiment est perché au-dessus de la cote de référence. Le vide sanitaire laisse transiter l'eau sans résistance. Cette technique, courante en zone littorale, exige un dimensionnement adapté aux forces hydrodynamiques.

  2. Cuvelage étanche. Les parties enterrées et le rez-de-chaussée sont rendus étanches par un cuvelage béton avec membrane. Solution adaptée aux bâtiments tertiaires ou collectifs dont le rez-de-chaussée abrite des locaux techniques ou du stationnement.

  3. Transparence hydraulique intégrale. Le bâtiment est conçu pour laisser l'eau transiter au travers du rez-de-chaussée. Cloisons démontables ou résistantes, mobilier amovible. Approche parfois imposée en zone d'expansion de crue.


Zonage sismique en France : quelle zone pour quelles obligations ?

Les cinq zones de sismicité du territoire

Le zonage sismique national, défini par les décrets n° 2010-1254 et 2010-1255 du 22 octobre 2010, est entré en vigueur le 1er mai 2011. Il classe chaque commune dans l'une des cinq zones suivantes :

Zone Niveau de sismicité Territoires concernés Obligations parasismiques
1 Très faible Bassin parisien, bassin aquitain, Bretagne intérieure Aucune pour les bâtiments courants
2 Faible Grande partie du territoire métropolitain, Normandie, Nord Eurocode 8 pour les catégories III et IV uniquement
3 Modérée Vallée du Rhône, Auvergne, Alsace, Massif armoricain Eurocode 8 pour les catégories II, III et IV
4 Moyenne Fossé rhénan supérieur, Alpes du Sud, Pyrénées Eurocode 8 renforcé + contrôle technique pour les bâtiments de plus de 8 m
5 Forte Guadeloupe, Martinique Eurocode 8 pour toutes catégories + contrôle technique obligatoire

Le classement de chaque commune est consultable sur Géorisques et sur le site de l'IRSN. L'erreur la plus fréquente chez les constructeurs : se fier à une connaissance ancienne du zonage sans vérifier le classement actuel. Depuis 2011, de nombreuses communes ont changé de catégorie.

Catégories d'importance des bâtiments

Le niveau d'exigence parasismique dépend du croisement entre la zone de sismicité et la catégorie d'importance du bâtiment :

  • Catégorie I : bâtiments dont la défaillance ne présente qu'un risque minime (hangars agricoles isolés, abris de jardin).
  • Catégorie II : habitations individuelles, logements collectifs, bureaux courants. Catégorie la plus fréquente en construction résidentielle.
  • Catégorie III : ERP à forte capacité, établissements scolaires, bâtiments industriels présentant un risque pour l'environnement.
  • Catégorie IV : bâtiments indispensables à la gestion de crise (hôpitaux, casernes de pompiers, centrales de communication).

En zone 2, seuls les bâtiments de catégories III et IV sont soumis aux règles parasismiques. À partir de la zone 3, les bâtiments de catégorie II, c'est-à-dire l'essentiel des maisons individuelles et des immeubles collectifs, entrent dans le champ d'application.


PS-MI ou Eurocode 8 : quel référentiel parasismique appliquer ?

Eurocode 8 : le cadre normatif de référence

L'Eurocode 8 (NF EN 1998) constitue le référentiel réglementaire européen pour le dimensionnement parasismique des structures. Son application est rendue obligatoire en France par l'arrêté du 22 octobre 2010, modifié par l'arrêté du 8 septembre 2021.

L'Eurocode 8 impose un calcul sismique complet, réalisé par un bureau d'études structures. L'objectif réglementaire minimal : garantir le non-effondrement de la structure en cas de séisme de référence, c'est-à-dire protéger la vie des occupants. Les exigences portent sur la structure résistante (fondations, voiles, planchers) mais aussi sur les éléments non structuraux (cloisons, plafonds suspendus, cheminées, équipements lourds).

Ce calcul mobilise des compétences spécialisées et un temps d'étude conséquent. Pour les projets de maisons individuelles, le législateur a prévu une alternative simplifiée.

Le guide CPMI-EC8 : l'alternative pour les maisons individuelles

Les règles PS-MI (Construction Parasismique des Maisons Individuelles) permettent aux constructeurs de maisons individuelles de s'affranchir d'un calcul Eurocode 8, à condition de respecter des critères géométriques et constructifs stricts. Depuis août 2021, le guide CPMI-EC8, publié par la DHUP en partenariat avec le Cerema, remplace l'ancien référentiel PS-MI 89 révisé 92 pour les zones 3 et 4.

Le guide fournit des dispositions constructives directement applicables :

  • Épaisseur minimale des murs de contreventement.
  • Chaînages horizontaux et verticaux obligatoires.
  • Liaisons planchers-murs renforcées.
  • Limitations de la géométrie du bâtiment (régularité en plan et en élévation).

Les conditions d'éligibilité sont strictes : bâtiment de catégorie II uniquement, emprise au sol inférieure ou égale à 200 m², respect de critères géométriques précis (rapport longueur/largeur, nombre de niveaux, pente de toiture), et implantation en zones 3 ou 4 de métropole.

Tableau comparatif des deux référentiels

Critère CPMI-EC8 (règles simplifiées) Eurocode 8 complet
Type de bâtiment Maison individuelle, catégorie II Tous bâtiments
Emprise au sol Inférieure ou égale à 200 m² Sans limite
Zones applicables Zones 3 et 4 (métropole) Zones 2 à 5
Calcul de structure Non requis (dispositions forfaitaires) Obligatoire (bureau d'études)
Coût d'étude Faible (application directe du guide) 2 000 à 6 000 euros selon la complexité
Attestation parasismique Obligatoire depuis janvier 2024 Obligatoire depuis janvier 2024

Comme détaillé dans notre article sur la RT existant vs RE2020, la réglementation applicable dépend de la nature exacte du projet. La même logique s'applique au parasismique : le référentiel n'est pas le même selon que l'on construit du neuf ou que l'on réhabilite de l'existant.

Astuce : Le guide CPMI-EC8 est téléchargeable gratuitement sur le site du ministère de la Transition écologique. Il contient des fiches pratiques par type de construction (maçonnerie chaînée, ossature bois, béton armé) directement exploitables en phase d'exécution.


Attestation parasismique : ce qui a changé depuis janvier 2024

Un passage de la « prise en compte » au « respect »

Le décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023 et l'arrêté du 22 décembre 2023 ont modifié en profondeur le régime des attestations parasismiques. Le changement majeur tient en un mot : on passe de la notion de « prise en compte » des règles sismiques à celle de « respect ». Le contrôleur technique ne se contente plus de vérifier que le concepteur a pensé au parasismique. Il certifie la conformité effective du projet aux règles applicables, selon Socotec.

Deux attestations sont désormais exigées :

  1. Au dépôt du permis de construire : le contrôleur technique, ou pour les maisons individuelles de catégorie II en zones 3 à 5, tout professionnel compétent (architecte, bureau d'études, constructeur), atteste que la conception respecte les règles parasismiques.
  2. À la déclaration d'achèvement des travaux (DAACT) : une seconde attestation certifie que les travaux réalisés sont conformes au projet approuvé.

Périmètre d'application élargi

Depuis le 1er janvier 2024, le régime d'attestation concerne tous les bâtiments de catégories d'importance II, III et IV. Toutes les maisons individuelles et tous les logements collectifs situés en zones 3 à 5 sont concernés. Les bâtiments de catégories III et IV en zone 2 le sont également.

Attention : Pour les permis de construire déposés avant le 1er janvier 2024, l'attestation d'achèvement pouvait encore être établie selon l'ancien format si la DAACT était déposée avant le 1er janvier 2025. Passé cette date, le nouveau régime s'applique à tous les chantiers en cours.

La responsabilité du maître d'ouvrage est engagée s'il omet de produire ces attestations. Les enjeux de responsabilité décennale prennent ici une dimension particulière, car un défaut de conformité parasismique constitue un désordre décennal de plein droit.


Zones Inondables Risques Sismiques Construction - illustration 2

Assurances et régime CatNat : ce que le constructeur doit anticiper

Un système solidaire sous pression financière

Le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles (CatNat) repose sur une surprime obligatoire prélevée sur tous les contrats d'assurance dommages. Géré par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) avec la garantie illimitée de l'État, ce système permet à tout assuré d'être couvert, quelle que soit sa localisation. La surprime est identique sur tout le territoire : c'est un mécanisme de solidarité nationale.

Mais le régime est sous tension. Sur la période 1982-2024, le coût total des catastrophes naturelles couvertes atteint 53,7 milliards d'euros. L'année 2024 a été marquée par les inondations du Nord-Pas-de-Calais (430 millions d'euros) et celles d'octobre (350 à 420 millions d'euros estimés par la CCR), contribuant à un coût annuel global de 5 milliards d'euros.

La hausse de la surprime au 1er janvier 2025

Face à l'aggravation des sinistres, la surprime CatNat a été relevée selon Orus :

Type de contrat Surprime avant 2025 Surprime depuis le 1er janvier 2025
Contrats dommages (habitation, professionnel) 12 % 20 %
Contrats automobile 6 % 9 %

Cette hausse impacte les maîtres d'ouvrage et les occupants. Pour un constructeur, l'argument de la réduction de la vulnérabilité (matériaux résistants, cote plancher respectée, dispositions parasismiques conformes) devient un levier commercial auprès de clients soucieux de protéger leur investissement.

Assurance décennale : gare aux exclusions en zone à risques

L'assurance décennale couvre les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination pendant 10 ans. Un défaut de conformité aux règles parasismiques ou aux prescriptions du PPR peut constituer un motif d'exclusion de garantie si l'assureur démontre que le constructeur n'a pas respecté les règles en vigueur.

Comme nous l'avons détaillé dans notre guide sur la sous-traitance BTP, l'entrepreneur principal reste garant de la conformité des travaux exécutés par ses sous-traitants. En zone à risques, cette vigilance prend une dimension supplémentaire : un sous-traitant qui néglige les dispositions parasismiques engage la responsabilité du titulaire du marché.

Les entreprises intervenant régulièrement en zone sismique doivent vérifier que leur contrat de décennale couvre explicitement les travaux en zones 3 à 5 et que les franchises contractuelles n'excluent pas les sinistres liés à un événement sismique. Les professionnels titulaires du label RGE et intervenant en rénovation énergétique en zone exposée doivent également s'assurer que leurs garanties couvrent ce type de chantier.


Comment sécuriser un projet en zone à risques : démarche concrète

Étape 1 : vérification du terrain avant toute étude

Avant de dessiner un plan, trois vérifications s'imposent :

  • Consulter le PLU de la commune pour identifier les servitudes d'utilité publique, dont le PPR.
  • Interroger le site Géorisques pour connaître le zonage sismique et les PPR applicables à la parcelle.
  • Récupérer l'état des risques et pollutions (ERP), obligatoire pour toute transaction immobilière, qui synthétise les aléas identifiés.

Étape 2 : analyser le PPR applicable

Si un PPR est approuvé, téléchargez le règlement et la carte de zonage. Identifiez la zone dans laquelle se situe la parcelle (rouge, bleue, blanche) et listez chaque prescription constructive applicable. En cas de doute, sollicitez le service urbanisme de la mairie ou la DDT (Direction Départementale des Territoires).

Étape 3 : choisir le référentiel parasismique

En zone 3 ou supérieure pour un bâtiment de catégorie II :

  • Appliquez le guide CPMI-EC8 si le projet remplit les critères d'éligibilité (maison individuelle, emprise au sol inférieure ou égale à 200 m²).
  • Faites appel à un bureau d'études structure pour un calcul Eurocode 8 dans les autres cas.
  • Prévoyez l'attestation parasismique dès la phase de conception, pas la veille du dépôt du permis.

Étape 4 : constituer le dossier de permis

Le dossier doit intégrer, selon les cas :

  • L'attestation parasismique au dépôt du permis.
  • L'étude hydraulique si le PPR l'exige.
  • Les pièces graphiques montrant le respect de la cote plancher, l'implantation par rapport aux axes d'écoulement et les dispositions de transparence hydraulique.

Pour les marchés publics, ces pièces s'intègrent au mémoire technique. Nous détaillons la constitution de ce type de dossier dans notre article sur les pièces contractuelles CCTP et CCAP des marchés publics. Les PME répondant à des marchés publics BTP en zone à risques doivent accorder une attention particulière à ces volets techniques dans leur offre.

Étape 5 : tracer la conformité en phase chantier

Pendant les travaux, le respect des dispositions parasismiques et des prescriptions du PPR doit être documenté :

  • Photos des chaînages, armatures de voiles et liaisons planchers-murs avant coulage.
  • Relevé altimétrique du plancher bas pour vérifier la cote par rapport à la PHEC.
  • Journal de chantier mentionnant les contrôles réalisés.

La rédaction du PPSPS doit intégrer les risques spécifiques liés au terrain (montée rapide des eaux en zone inondable, répliques sismiques dans les zones actives).

Étape 6 : attestation à l'achèvement

À la DAACT, fournissez l'attestation parasismique finale certifiant la conformité de l'ouvrage réalisé aux règles applicables.

Checklist terrain :

  • PPR applicable identifié et prescriptions listées
  • Zone de sismicité de la commune vérifiée sur Géorisques
  • Référentiel parasismique choisi (CPMI-EC8 ou Eurocode 8)
  • Attestation parasismique au dépôt du permis obtenue
  • Étude hydraulique réalisée si le PPR l'exige
  • Suivi de conformité documenté pendant le chantier
  • Attestation parasismique à la DAACT établie
  • Contrat de décennale vérifié pour la couverture en zone à risques

FAQ

Peut-on construire en zone rouge d'un PPR inondation ?

En zone rouge, les constructions nouvelles sont en principe interdites. Depuis 2019, une exception existe pour les opérations de renouvellement urbain en zone déjà urbanisée, à condition de réduire la vulnérabilité globale du secteur. Les travaux sur l'existant restent possibles sous conditions : entretien courant, mise en sécurité, extensions limitées (souvent plafonnées à 20 m²) sans création de logement.

Qui doit fournir l'attestation parasismique au permis de construire ?

Le maître d'ouvrage est responsable de sa production. Pour les bâtiments soumis au contrôle technique obligatoire, le contrôleur technique l'établit. Pour les maisons individuelles de catégorie II en zones 3 à 5, tout professionnel compétent (architecte, bureau d'études, constructeur) peut la rédiger. Le constructeur engage sa responsabilité décennale sur la conformité attestée.

La surprime CatNat est-elle plus élevée en zone inondable ?

Non. Le régime CatNat repose sur la solidarité nationale : la surprime est identique sur tout le territoire, soit 20 % des contrats dommages depuis le 1er janvier 2025. Un assuré en zone inondable paye la même surprime CatNat qu'un assuré en zone non exposée. Seule la prime de base du contrat peut varier selon la localisation et la sinistralité du secteur.

Le guide CPMI-EC8 remplace-t-il les anciennes règles PS-MI ?

Oui, pour les constructions neuves de maisons individuelles en zones 3 et 4. Le guide CPMI-EC8, édition août 2021, se substitue au référentiel PS-MI 89 révisé 92. Les bâtiments en zone 5 (Antilles) disposent d'un guide spécifique. Les bâtiments ne répondant pas aux critères d'éligibilité du guide doivent appliquer l'Eurocode 8 complet.

Un constructeur peut-il être condamné pour défaut parasismique sans qu'un séisme ait eu lieu ?

Oui. La Cour de cassation a établi que le non-respect des normes parasismiques constitue en lui-même un désordre décennal, indépendamment de la survenance d'un séisme (Civ. 3e, 19 septembre 2019, n° 18-16.986). Le constructeur peut être condamné à reprendre les travaux pour mise en conformité sur le fondement de l'article 1792 du Code civil.


Sources

  • Ministère de la Transition écologique, "Généralités sur le risque inondation en France", ecologie.gouv.fr
  • Ministère de la Transition écologique, "Construction et risques sismiques", ecologie.gouv.fr
  • Géorisques, "Les risques naturels en France — Chiffres clés", georisques.gouv.fr
  • CCR, "Réassurance catastrophes naturelles", ccr.fr
  • CCR, "Estimation du coût des inondations d'octobre 2024", ccr.fr
  • France Assureurs / Citepa, "Le coût des événements naturels a atteint 5 milliards d'euros en 2024", citepa.org
  • Cerema, "Le plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRi)", outil2amenagement.cerema.fr
  • Légifrance, "Décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023 modifiant le régime des attestations parasismiques", legifrance.gouv.fr
  • Légifrance, "Arrêté du 22 décembre 2023 relatif au contenu de l'attestation sismique", legifrance.gouv.fr
  • Légifrance, "Arrêté du 8 septembre 2021 modifiant l'arrêté du 22 octobre 2010 relatif aux règles de construction parasismique", legifrance.gouv.fr
  • IRSN, "Le zonage sismique de la France", recherche-expertise.asnr.fr
  • Socotec, "Attestations parasismiques : ce qui change en 2024", socotec.fr
  • Orus, "Catastrophes naturelles : pourquoi la surprime d'assurance augmente en 2025", orus.eu
  • Service Public, "Assurance et catastrophe naturelle", service-public.gouv.fr

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