Révision de prix et indice BT01 : guide pratique pour les constructeurs
La révision de prix BT01 dans le BTP est le mécanisme contractuel qui permet d'ajuster le montant d'un marché de construction en fonction de l'évolution réelle des coûts (main-d'œuvre, matériaux, éne…
Sommaire
- Qu'est-ce que l'indice BT01 et pourquoi est-il central dans le BTP ?
- Quelle différence entre actualisation et révision de prix ?
- Comment fonctionne la clause de révision de prix dans un CCMI ?
- Comment appliquer concrètement la formule de révision BT01 ?
- Révision de prix en marchés publics : quelles obligations ?
- Marchés privés hors CCMI : quelle liberté contractuelle ?
- Les erreurs qui coûtent cher sur la révision de prix BT01
- Comment piloter la révision de prix au quotidien ?
- FAQ
- Sources
La révision de prix BT01 dans le BTP est le mécanisme contractuel qui permet d'ajuster le montant d'un marché de construction en fonction de l'évolution réelle des coûts (main-d'œuvre, matériaux, énergie). L'indice BT01, publié chaque mois par l'INSEE, sert de référence pour ce calcul. En janvier 2026, il s'établit à 134,7 points (base 100 en 2010), soit une progression de 2 % par rapport à janvier 2025.
Avec des marges nettes qui oscillent entre 3 et 8 % dans le secteur, un écart de quelques points d'indice peut transformer un chantier rentable en opération déficitaire. Ce guide détaille le fonctionnement de la révision de prix, les formulés de calcul applicables selon le type de marché (CCMI, marché public, marché privé), et les bonnes pratiques pour protéger vos marges.
En bref : La révision de prix BT01 ajuste le montant d'un contrat de construction à l'évolution des coûts du secteur. En CCMI, elle est encadrée par l'article L.231-11 du Code de la construction (deux options : révision totale ou limitée à 70 %). En marchés publics, elle est obligatoire au-delà de 3 mois d'exécution. Maîtriser ce mécanisme, c'est sécuriser chaque point de marge.
Qu'est-ce que l'indice BT01 et pourquoi est-il central dans le BTP ?
Définition et composition de l'indice BT01
L'indice BT01 est l'indice national du bâtiment « tous corps d'état ». Publié mensuellement par l'INSEE, il mesure l'évolution des coûts de production dans le secteur de la construction en France.
Sa composition reflète la structure de coûts d'un chantier type :
| Composante | Pondération |
|---|---|
| Salaires et charges sociales | 44,9 % |
| Matériaux de construction | ~45 % |
| Transport | 2,4 % |
| Énergie | 1,0 % |
| Frais divers (assurances, administratif) | ~6,7 % |
Les salaires et charges pèsent donc près de la moitié de l'indice. Une revalorisation salariale dans la branche du BTP se répercute mécaniquement sur le BT01, même si les prix des matériaux stagnent.
Depuis octobre 2014, le BT01 est calculé sur la base 100 correspondant à la moyenne de l'année 2010. Le dernier indice connu, celui de janvier 2026, s'établit à 134,7 points, selon la publication INSEE du 17 mars 2026.
Pourquoi le BT01 est la référence incontournable des constructeurs
Le BT01 se distingue des autres index BTP (BT02 à BT50, qui couvrent des corps de métier spécifiques) par son caractère synthétique. Il agrège l'ensemble des corps d'état d'un chantier de bâtiment, ce qui en fait l'indice de référence pour :
- Les contrats CCMI (où il est le seul indice légalement autorisé pour la révision de prix)
- Les marchés publics de bâtiment « tous corps d'état »
- Les marchés privés de construction neuve ou de rénovation globale
Pour un lot spécifique (plomberie, électricité, menuiserie), les index BT spécialisés peuvent être plus pertinents. Mais pour un constructeur de maisons individuelles ou un maître d'œuvre qui pilote un projet global, le BT01 reste l'outil de référence.
Évolution récente : ce que les chiffres révèlent
L'analyse de l'évolution du BT01 sur les trois dernières années permet de contextualiser les enjeux actuels.
| Période | Valeur BT01 | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Janvier 2024 | 130,8 | — |
| Juin 2024 | 131,2 | , |
| Décembre 2024 | 131,7 | , |
| Janvier 2025 | 132,0 | +0,9 % |
| Juin 2025 | 133,1 | +1,4 % |
| Décembre 2025 | 133,7 | +1,5 % |
| Janvier 2026 | 134,7 | +2,0 % |
Après la flambée de 2021-2022 (hausse supérieure à 6 % annuels portée par l'envolée des matériaux), l'indice s'est stabilisé en 2024 autour de +1 %. La tendance 2025-2026 montre une légère réaccélération, portée par les revalorisations salariales dans la convention collective du BTP.
Pour un chantier à 200 000 euros signé début 2024, une variation de 2 points d'indice représente environ 3 000 euros. Sur une marge nette de 5 %, c'est 30 % de la marge qui s'envole si la révision de prix n'est pas correctement contractualisée.
Quelle différence entre actualisation et révision de prix ?
Ces deux mécanismes sont souvent confondus. Ils répondent pourtant à des moments et des logiques différents.
L'actualisation : avant le début des travaux
L'actualisation des prix intervient une seule fois, entre la rémise de l'offre et le démarrage effectif des travaux. Elle compense le décalage temporel entre le moment où le prix a été calculé et celui où les dépenses commencent.
Elle s'applique typiquement quand plus de trois mois se sont écoulés entre la date de l'offre et le début d'exécution. La formule utilisé l'indice BT01 avec un décalage de trois mois :
Prix actualisé = Prix initial x (BT01 du mois M-3 avant début travaux / BT01 du mois de l'offre)
La révision : pendant l'exécution des travaux
La révision de prix intervient périodiquement au cours de l'exécution du marché. Elle ajuste le prix au fur et à mesure des paiements (situations de travaux, appels de fonds) pour tenir compte de l'évolution des coûts.
Tableau comparatif : actualisation vs révision
| Critère | Actualisation | Révision |
|---|---|---|
| Moment d'application | Avant le début des travaux | Pendant l'exécution |
| Fréquence | Une seule fois | À chaque paiement / situation |
| Objectif | Compenser le délai offre-démarrage | Ajuster aux coûts réels en cours de chantier |
| Indice utilisé | BT01 (ou index spécifique) | BT01 (ou index spécifique) |
| Obligation en marché public | Oui (si délai > 3 mois) | Oui (si durée > 3 mois) |
| Marché privé | Selon le contrat | Selon le contrat (sauf CCMI : encadré par la loi) |
Les deux mécanismes peuvent se cumuler sur un même marché. Un contrat signé avec un prix ferme (sans actualisation ni révision) expose l'entreprise à l'intégralité du risque d'évolution des coûts.

Comment fonctionne la clause de révision de prix dans un CCMI ?
Le contrat de construction de maison individuelle (CCMI) bénéficie d'un encadrement spécifique. L'article L.231-11 du Code de la construction et de l'habitation impose des règles strictes pour la révision de prix, qui sont d'ordre public : ni le constructeur ni le client ne peuvent y déroger.
Les deux options légales de révision
Le législateur offre deux options au constructeur, qui doivent être présentées au maître d'ouvrage avant la signature du contrat.
Option A : révision totale sur une courte période
Le prix est révisé d'après la variation de l'indice BT01 entre la date de signature du contrat et une date butoir. Cette date correspond à l'expiration d'un délai d'un mois suivant la plus tardive des deux dates : obtention du permis de construire ou réalisation de la condition suspensive d'obtention du prêt.
Au-delà de cette date, plus aucune révision n'est possible. Le prix devient définitif.
Option B : révision limitée sur une période plus longue
La révision s'applique à chaque paiement (chaque appel de fonds), mais elle est plafonnée à 70 % de la variation de l'indice BT01. Cette option couvre une période plus étendue, jusqu'à neuf mois après la date de référence fixée par l'article L.231-12.
Formalisme obligatoire : le paraphe du maître d'ouvrage
Le choix de l'option de révision doit respecter un formalisme strict, sous peine de nullité :
- Les modalités de révision sont communiquées au maître d'ouvrage avant la signature
- Elles sont reproduites intégralement dans le contrat
- Le maître d'ouvrage paraphe la clause choisie
- Une acceptation manuscrite accompagné le paraphe
Si ces formalités ne sont pas respectées, la sanction est radicale : le prix figurant au contrat n'est pas révisable. Le constructeur supporte alors seul l'intégralité de la hausse des coûts.
Des ERP spécialisés comme ConstrOK intègrent nativement les deux options de révision CCMI et automatisént le calcul à chaque appel de fonds, éliminant le risque d'erreur de formule ou d'oubli de formalité contractuelle.
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L'indice de référence : lequel retenir ?
L'indice servant de base au calcul est le dernier indice BT01 publié au jour de la signature du contrat. La variation prise en compte résulte de la comparaison avec le dernier indice publié avant chaque date de paiement.
Le BT01 étant publié avec un décalage d'environ deux mois (l'indice de janvier 2026 a été publié le 17 mars 2026), le constructeur doit anticiper ce décalage dans sa gestion de trésorerie. L'indice applicable au moment de l'appel de fonds n'est pas celui du mois en cours, mais le dernier indice effectivement publié par l'INSEE.
Comment appliquer concrètement la formule de révision BT01 ?
La formule de base
La formule de révision de prix avec l'indice BT01 s'exprime ainsi :
P = P0 x (BT01n / BT01₀)
Où :
- P = prix révisé
- P0 = prix initial du contrat (ou du poste)
- BT01₀ = dernier indice BT01 publié à la date de signature du contrat
- BT01n = dernier indice BT01 publié à la date de l'appel de fonds (ou de la situation de travaux)
Exemple chiffré : un CCMI avec l'option B
Prenons un contrat CCMI signé en mars 2024 pour un montant de 220 000 euros HT.
- BT01 de référence (dernier publié en mars 2024) : 130,9
- Option B retenue : révision limitée à 70 % de la variation
L'appel de fonds n° 4 (achèvement des murs) intervient en janvier 2025. Le montant brut de cet appel est de 55 000 euros (25 % du prix).
- Dernier BT01 publié en janvier 2025 : 132,0
- Variation brute de l'indice : (132,0 - 130,9) / 130,9 = +0,84 %
- Variation applicable (70 %) : 0,84 % x 0,70 = +0,59 %
- Montant de la révision sur cet appel : 55 000 x 0,0059 = +324,50 euros
- Montant révisé de l'appel de fonds : 55 324,50 euros
Sur l'ensemble du chantier, si l'indice progresse de 2 % entre la signature et le dernier appel de fonds, la révision totale (option B) représente environ 3 080 euros, soit 1,4 % du prix initial. Sans clause de révision, ce montant serait absorbé par la marge du constructeur.
Tableau de suivi de révision : un outil indispensable
Pour chaque chantier, un tableau de suivi permet de tracer les révisions appliquées à chaque appel de fonds.
| Appel de fonds | Étape | Montant initial | BT01 applicable | Variation (70 %) | Montant révisé |
|---|---|---|---|---|---|
| N° 1 | Ouverture chantier (5 %) | 11 000 € | 131,0 | +0,05 % | 11 006 € |
| N° 2 | Fondations (20 %) | 44 000 € | 131,2 | +0,16 % | 44 070 € |
| N° 3 | Plancher RDC (15 %) | 33 000 € | 131,5 | +0,32 % | 33 106 € |
| N° 4 | Murs (25 %) | 55 000 € | 132,0 | +0,59 % | 55 325 € |
| N° 5 | Mise hors d'eau (20 %) | 44 000 € | 132,5 | +0,86 % | 44 378 € |
| N° 6 | Équipements (10 %) | 22 000 € | 133,1 | +1,18 % | 22 260 € |
| N° 7 | Rémise des clés (5 %) | 11 000 € | 133,7 | +1,50 % | 11 165 € |
Ce type de tableau doit être tenu à jour en temps réel. Dans la pratique, beaucoup de constructeurs le gèrent encore sur Excel, avec les risques d'erreur que cela comporte (mauvais indice saisi, formule cassée, oubli de mise à jour).
Vous pilotez vos révisions de prix sur Excel ? Avec un ERP comme ConstrOK, le calcul de révision BT01 se fait automatiquement à chaque appel de fonds CCMI, avec l'indice à jour. Demandez une démonstration pour voir la différence sur votre prochain chantier.
Révision de prix en marchés publics : quelles obligations ?
Le cadre du Code de la commande publique
L'article R.2112-14 du Code de la commande publique rend la clause de révision de prix obligatoire dans trois cas :
- La durée d'exécution du marché dépasse trois mois
- Le marché implique une part importante de fournitures soumises à des fluctuations de prix
- Le coût est directement impacté par les variations de cours internationaux
En pratique, la quasi-totalité des marchés de bâtiment d'une durée supérieure à trois mois doivent comporter une clause de révision. L'absence de cette clause expose l'acheteur public à un risque de requalification du marché.
La formule paramétrique
En marchés publics, la formule de révision est souvent plus élaborée que la formule simple. Elle prend la forme d'une formule paramétrique :
P = P0 x [a + b x (BT01n / BT01₀)]
Où :
- a = partie fixe (non révisable), généralement comprise entre 0,10 et 0,15
- b = partie variable, telle que a + b = 1
- BT01₀ = indice de référence (mois M0 - 3)
- BT01n = indice au mois de la situation de travaux
La partie fixe (10 à 15 %) représente la marge et les frais généraux du constructeur, considérés comme non soumis aux variations de coûts. Plus cette partie fixe est élevée, moins la révision compense la hausse réelle des coûts.
Le décalage de trois mois : un point de vigilance
Dans les marchés publics, l'indice de référence est celui du mois M0 - 3, c'est-à-dire trois mois avant la date d'effet du marché. Ce décalage, combiné au délai de publication de l'INSEE (environ deux mois), signifie que l'indice réellement appliqué peut avoir jusqu'à cinq mois de retard sur la réalité économique.
En période de hausse rapide des coûts (comme en 2021-2022 avec +6 % par an), ce décalage peut représenter un manque à gagner significatif. En période de stabilisation comme actuellement, l'impact est plus modéré.

Marchés privés hors CCMI : quelle liberté contractuelle ?
Le principe : la liberté de négociation
En dehors du cadre strict du CCMI, les marchés privés de construction bénéficient d'une liberté contractuelle totale en matière de révision de prix. Aucune réglementation n'imposé de clause de révision, d'indice de référence ni de formule de calcul.
Cette liberté est à double tranchant. Le constructeur ou l'entreprise de BTP peut :
- Proposer un prix ferme (sans révision) et intégrer une provision pour aléas dans son prix
- Négocier une clause de révision sur l'indice BT01, calquée sur le modèle CCMI ou marchés publics
- Utiliser une formule paramétrique personnalisée avec des index spécifiques (BT02 pour le gros œuvre, BT38 pour la plomberie, etc.)
- Opter pour une clause de sauvegarde (révision déclenchée uniquement au-delà d'un seuil de variation, par exemple +5 %)
Quel choix selon la durée du chantier ?
| Durée prévisionnelle | Recommandation | Justification |
|---|---|---|
| Moins de 3 mois | Prix ferme acceptable | Risque de variation faible |
| 3 à 6 mois | Clause de révision BT01 recommandée | La variation peut atteindre 1-2 % |
| 6 à 12 mois | Clause de révision indispensable | La variation peut dépasser 2-3 % |
| Plus de 12 mois | Révision + actualisation | Cumul des deux mécanismes justifié |
La clause de sauvegarde : un compromis pragmatique
Certains maîtres d'ouvrage privés refusent toute clause de révision, considérant que le prix convenu doit rester ferme. Dans ce cas, une clause de sauvegarde peut constituer un compromis acceptable.
Son principe : le prix reste ferme tant que la variation de l'indice BT01 ne dépasse pas un seuil convenu (souvent 3 ou 5 %). Au-delà, les parties renégocient ou appliquent une formule prédéfinie. Cette approche protège le constructeur contre les hausses exceptionnelles tout en offrant une visibilité budgétaire au client.
Les erreurs qui coûtent cher sur la révision de prix BT01
Erreur n° 1 : oublier la clause de révision dans le contrat
C'est la plus fréquente et la plus coûteuse. Sans clause contractuelle, le prix est ferme et définitif. Le constructeur absorbe l'intégralité de la hausse des coûts. Sur un chantier de 12 mois avec une hausse de 2 % du BT01, c'est 4 000 euros sur un chantier à 200 000 euros — soit potentiellement 40 % de la marge nette.
Erreur n° 2 : se tromper d'indice de référence
En CCMI, le seul indice autorisé est le BT01. Utiliser l'IRL (indice de référence des loyers), l'ICC (indice du coût de la construction) ou tout autre indice rend la clause nulle. Le constructeur perd alors tout droit à révision, comme l'a confirmé la jurisprudence de la Cour de cassation.
Erreur n° 3 : ne pas faire parapher la clause par le client
En CCMI, l'absence de paraphe du maître d'ouvrage sur la clause de révision rend celle-ci inopposable. Le prix devient non révisable, quelle que soit l'évolution de l'indice. Cette formalité, simple à respecter, est pourtant régulièrement omise.
Erreur n° 4 : appliquer la mauvaise date d'indice
L'indice de référence est le dernier BT01 publié à la date de signature, pas l'indice du mois de signature. Avec le décalage de publication de l'INSEE (environ deux mois), la confusion est courante. Un contrat signé en mars 2026 utilisé comme référence l'indice de janvier 2026 (134,7), publié le 17 mars 2026 — et non un indice de mars 2026 qui n'existe pas encore.
Erreur n° 5 : oublier le plafonnement à 70 % en option B
En CCMI avec l'option B, la révision est plafonnée à 70 % de la variation du BT01. Facturer 100 % de la variation expose le constructeur à un litige avec le maître d'ouvrage et à un remboursement du trop-perçu.
Les constructeurs qui automatisént le calcul de révision via un ERP comme ConstrOK éliminent ces cinq sources d'erreur : l'indice de référence est capté automatiquement, la formule applique le bon plafonnement selon l'option choisie, et chaque appel de fonds intègre la révision conforme à la clause contractuelle.
Comment piloter la révision de prix au quotidien ?
Où trouver les dernières valeurs de l'indice BT01 ?
Plusieurs sources publient les valeurs du BT01 :
- INSEE (source officielle) : série chronologique BT01 — publication mensuelle, avec environ deux mois de décalage
- ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement) : tableau récapitulatif, présentation synthétique des dernières valeurs
- FFB (Fédération française du bâtiment) : indices et index bâtiment, outil d'actualisation en ligne
Le délai de publication est un point structurel : l'indice de janvier 2026 (134,7) n'a été connu qu'à partir du 17 mars 2026. Le constructeur doit intégrer ce décalage dans ses processus de facturation et de gestion de trésorerie.
Suivi manuel vs ERP : comparatif des approches
| Critère | Excel / tableur | ERP spécialisé (type ConstrOK) |
|---|---|---|
| Mise à jour de l'indice | Manuelle (risque d'oubli) | Automatique |
| Calcul de la révision | Formule à maintenir | Intégré aux appels de fonds |
| Traçabilité | Fichier local | Historique centralisé |
| Gestion multi-chantiers | Un fichier par chantier | Vue consolidée |
| Risque d'erreur | Élevé (saisie, formule) | Faible (paramétrage initial) |
| Conformité CCMI | À vérifier manuellement | Contrôlée par le logiciel |
Les bonnes pratiques pour sécuriser vos révisions
Quatre réflexes permettent de transformer la révision de prix d'une contrainte administrative en levier de protection des marges :
Vérifier chaque contrat avant signature : la clause de révision est-elle présente ? Le bon indice est-il mentionné ? L'option est-elle paraphée (en CCMI) ?
Créer une alerte mensuelle pour consulter les publications INSEE et mettre à jour vos tableaux de suivi ou votre ERP.
Anticiper l'impact sur la trésorerie : la révision modifié le montant des appels de fonds ou des situations de travaux. Le client doit être informé en amont pour éviter les contestations.
Archiver les indices utilisés : en cas de litige, pouvoir prouver quel indice a été appliqué à quelle date est déterminant. Un ERP qui horodaté automatiquement chaque calcul simplifié cette traçabilité.
La révision de prix n'est pas un sujet isolé. Elle s'inscrit dans le pilotage global de la marge chantier et interagit directement avec la gestion de trésorerie. Un constructeur qui maîtrise la révision BT01 protège à la fois sa rentabilité et sa relation client, puisque chaque ajustement est justifié par un indice officiel et transparent.
Pour les constructeurs en CCMI, la révision de prix est indissociable de la bonne gestion des appels de fonds et du respect des obligations légales du CCMI. Quant aux PME du BTP intervenant sur des marchés publics, la facturation de situations doit intégrer le calcul de révision à chaque étape d'avancement.
L'anticipation de la facturation électronique obligatoire en 2026 ajoute une couche de complexité : les montants révisés doivent être correctement reportés dans les factures dématérialisées. Un ERP adapté au BTP centralisé ces flux et réduit le risque d'incohérence entre le montant contractuel, le montant révisé et le montant facturé.
La digitalisation des processus de gestion transforme ce qui était autrefois un casse-tête administratif en un calcul automatique, fiable et traçable.
FAQ
Où trouver la dernière valeur de l'indice BT01 ?
La source officielle est l'INSEE, qui publié chaque mois les index bâtiment sur son site (insee.fr). L'ANIL et la FFB proposent des tableaux récapitulatifs plus lisibles. Le dernier indice connu est celui de janvier 2026, publié le 17 mars 2026, à 134,7 points (base 2010 = 100). Le décalage de publication est d'environ deux mois.
Quelle est la différence entre l'option A et l'option B de révision en CCMI ?
L'option A applique 100 % de la variation du BT01 mais sur une période courte (jusqu'à un mois après le permis de construire ou le financement). L'option B applique seulement 70 % de la variation mais couvre une période plus longue, jusqu'à neuf mois après la date de référence. Le choix dépend du calendrier prévisionnel du chantier.
Peut-on refuser la clause de révision de prix en CCMI ?
Le maître d'ouvrage peut refuser toute révision en ne paraphant aucune des deux options. Le prix est alors ferme et définitif. Le constructeur ne peut imposer la révision. En pratique, le constructeur qui accepte un prix ferme intègre généralement une provision pour aléas dans son prix initial.
La révision de prix est-elle obligatoire en marché public ?
Oui, pour tout marché dont la durée d'exécution dépasse trois mois (article R.2112-14 du Code de la commande publique). L'absence de clause de révision expose l'acheteur public à un risque juridique. La formule utilisé généralement l'indice BT01 avec une partie fixe non révisable de 10 à 15 %.
Comment calculer la révision de prix avec le BT01 ?
La formule de base est : Prix révisé = Prix initial x (BT01 au jour du paiement / BT01 au jour de la signature). En CCMI option B, on applique 70 % de la variation. En marchés publics, on utilisé souvent une formule paramétrique avec une partie fixe.
Que faire si l'indice BT01 baisse ?
La révision fonctionne dans les deux sens. Si le BT01 baisse entre la signature et l'exécution, le prix révisé sera inférieur au prix initial. En CCMI, le constructeur ne peut pas facturer plus que le montant révisé à la baisse. En pratique, les baisses du BT01 sont rares sur des périodes longues, mais elles se sont produites ponctuellement en 2023-2024 sur certains mois.
Sources
- INSEE, « Les index Bâtiment, Travaux publics et divers de la construction en janvier 2026 », Informations rapides n° 61, 17 mars 2026 — [https://www.insee.fr/fr/statistiques/8897485] S0
- INSEE, « Série chronologique, Index du bâtiment BT01 », base 2010, [https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001710986] S0
- ANIL, « Indice BT01, Tableau récapitulatif des valeurs mensuelles », [https://www.anil.org/outils/indices-et-plafonds/indice-bt-01/] S0
- Legifrance, « Code de la construction et de l'habitation, Article L.231-11 », révision de prix CCMI, [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006159020] S0
- Eurojuris France, « Les modalités d'exercice des clauses de révision du prix des CCMI avec fourniture de plan », [https://www.eurojuris.fr/categories/construction-5000/articles/modalites-revision-prix-contrat-construction-maison-individuelle-avec-fourniture-plan-41080.htm] S0
- FFB, « Indices et index bâtiment, Outil d'actualisation et de révision des prix », [https://www.ffbatiment.fr/outils-modeles-document/outils/indices-et-index-batiment] S0
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