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Coefficient de frais généraux BTP : comment le calculer et l'optimiser

Le coefficient de frais généraux BTP est le ratio qui traduit le poids de vos charges indirectes (loyer, assurances, véhicules, administratif) par rapport à vos charges directes de production.

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Coefficient de frais généraux BTP : comment le calculer et l'optimiser

Sommaire

Le coefficient de frais généraux BTP est le ratio qui traduit le poids de vos charges indirectes (loyer, assurances, véhicules, administratif) par rapport à vos charges directes de production. Il se calcule en divisant le total annuel de vos frais généraux par le total de vos déboursés secs, puis en ajoutant 1 au résultat. Une entreprise dont les frais généraux représentent 25 % de ses déboursés secs appliquera un coefficient de 1,25 sur chaque chantier.

Avec des marges nettes comprises entre 3 et 8 % dans le secteur de la construction selon la FFB, un coefficient mal calibré suffit a transformer un chantier rentable en opération déficitaire. Le secteur a enregistré 14 723 défaillances d'entreprises en 2025 selon Allianz Trade, et la sous-estimation des charges indirectes figure parmi les causes récurrentes.

Cet article vous donne la méthode de calcul complète, des exemples chiffrés, les fourchettes de référence par corps de métier, et six leviers actionnables pour réduire vos frais généraux sans rogner sur la qualité de vos prestations.

En bref : Le coefficient de frais généraux BTP se situé entre 1,15 et 1,30 selon les métiers. Il se calcule à partir de vos charges indirectes annuelles rapportées à vos déboursés secs. Un coefficient sous-estimé de 5 points peut suffire a annuler votre marge nette. Recalculez-le au minimum une fois par an, idéalement chaque trimestre.


Qu'est-ce que le coefficient de frais généraux dans le BTP ?

Définition du coefficient de frais généraux

Le coefficient de frais généraux (CFG) est un multiplicateur qui permet de répercuter les charges indirectes de votre entreprise sur le prix de vos prestations. Les frais généraux regroupent l'ensemble des charges que votre entreprise supporte et qui ne peuvent pas être directement attribuées à un chantier ou à une prestation spécifique.

Concrètement, quand un électricien intervient sur un chantier, le coût direct de son travail (main-d'œuvre, matériaux, matériel affecté) constitue le déboursé sec. Mais ce déboursé ne couvre pas le loyer du dépot, la comptabilité, l'assurance décennale, la secrétaire ou l'amortissement du véhicule. Le coefficient de frais généraux sert précisément à intégrer ces charges dans votre prix de revient.

Pourquoi ce coefficient est stratégique pour votre rentabilité

Le coefficient de frais généraux est le chainon entre votre déboursé sec et votre prix de revient. La formule de prix de vente HT dans le BTP suit cette logique :

Prix de vente HT = Déboursé sec x Coefficient de frais généraux x Coefficient de marge

Si votre coefficient est trop bas, vous vendez a perte sans le savoir — un piège fréquent que nous détaillons dans notre guide sur le seuil de rentabilité d'une entreprise BTP. Si votre coefficient est trop haut, vos devis ne passent plus face a la concurrence. Selon Libeo, un dépassement de coûts de seulement 5 % peut anéantir la rentabilité d'une PME du bâtiment, compte tenu des marges nettes moyennes du secteur (3 à 8 %).


Quels postes entrent dans le calcul des frais généraux d'une entreprise BTP ?

Les frais généraux d'une entreprise BTP se répartissent en deux grandes familles : les charges fixes de structure et les charges variables de fonctionnement.

Les frais fixes : le socle incompressible

Les frais fixes restent stables quel que soit votre volume d'activité. Ils constituent la base de vos charges indirectes.

| Poste de frais fixes | Exemples concrets |

|---|---|

| Locaux | Loyer du siège, loyer de l'atelier ou du dépot, charges de copropriété, taxe foncière |

| Assurances | RC décennale, RC professionnelle, multirisque, flotte véhicules |

| Personnel administratif | Salaires et charges du secrétariat, de la comptabilité, de la direction |

| Amortissements | Véhicules, outillage lourd, matériel informatique |

| Abonnements | Logiciels de gestion, téléphonie, internet, expert-comptable |

| Charges financières | Intérets d'emprunts, frais bancaires, agios |

L'assurance décennale mérite une attention particulière. Son coût varié considérablement selon les corps de métier et le chiffre d'affaires. Pour une entreprise de gros œuvre, elle peut représenter 3 à 5 % du CA, un poste à lui seul significatif dans le calcul du coefficient.

Les frais variables : la part qui fluctue avec l'activité

Les frais variables évoluent en fonction de votre niveau d'activité, sans pour autant être imputables à un chantier précis.

| Poste de frais variables | Exemples concrets |

|---|---|

| Déplacements | Carburant, péages, frais de repas, usure des véhicules |

| Fournitures | Consommables de bureau, EPI, petits outillages non affectés |

| Honoraires | Expert-comptable (part variable), avocat, bureau de contrôle |

| Maintenance | Entretien des locaux, réparations du matériel, entretien de la flotte |

| Communication | Site internet, publicité, salons professionnels |

| Formation | Stages et formations obligatoires, certifications Qualibat |

💡 Point de vigilance : Les frais de déplacement sont souvent le poste variable le plus sous-estimé dans les PME du bâtiment. Un véhicule utilitaire coûte en moyenne 0,45 à 0,55 EUR/km en coût complet (carburant, assurance, entretien, amortissement). Une équipe qui effectué 150 km/jour non refacturés génère un coût annuel de plus de 15 000 EUR par véhicule.


Comment calculer le coefficient de frais généraux BTP pas a pas ?

Étape 1 : recenser l'intégralité de vos frais généraux annuels

Partez de votre bilan comptable et de votre compte de résultat de l'exercice précédent. Listez toutes les charges qui ne sont pas directement rattachées à un chantier : loyers, assurances, salaires administratifs, véhicules non affectés, abonnements, honoraires, frais financiers.

Travaillez sur des données annuelles pour lisser les variations saisonnières. Si votre activité a fortement évolué, utilisez le budget prévisionnel de l'année en cours plutôt que les chiffres de l'année passée.

Étape 2 : calculer vos déboursés secs annuels

Le déboursé sec correspond a la somme de vos charges directes de production sur l'année : main-d'œuvre productive (salaires bruts + charges sociales des compagnons), matériaux achetés pour les chantiers, matériel spécifiquement affecté, et sous-traitance directe. Pour estimer précisément le coût de votre main-d'œuvre productive, consultez notre méthode de calcul du coût horaire réel dans le BTP.

Attention a ne pas double-compter : un chef de chantier qui passe 60 % de son temps sur le terrain et 40 % en gestion relève pour 60 % du déboursé sec et 40 % des frais généraux.

Étape 3 : appliquer la formule

La formule du coefficient de frais généraux est :

Coefficient de frais généraux = 1 + (Total frais généraux annuels / Total déboursés secs annuels)

Prenons un exemple concret. Une entreprise de second œuvre de 12 salariés :

  • Frais généraux annuels : 280 000 EUR

  • Déboursés secs annuels : 1 120 000 EUR

  • Ratio : 280 000 / 1 120 000 = 0,25

  • Coefficient de frais généraux : 1,25

Cela signifie que pour chaque euro de déboursé sec, l'entreprise doit facturer 1,25 EUR avant marge pour couvrir ses frais de structure. Cette logique est la base de tout devis BTP correctement structuré.

Étape 4 : construire votre prix de vente

Une fois le coefficient calculé, la construction du prix de vente suit cette chaine :

Coefficient Frais Generaux Btp - illustration 1

| Étape | Calcul | Exemple (chantier a 45 000 EUR de déboursé sec) |

|---|---|---|

| Déboursé sec | Coûts directs du chantier | 45 000 EUR |

| Prix de revient | Déboursé sec x CFG (1,25) | 56 250 EUR |

| Prix de vente HT | Prix de revient x Coefficient de marge (1,10 pour 10 % de marge) | 61 875 EUR |

| Prix de vente TTC | Prix de vente HT x taux TVA applicable (1,20 ici) | 74 250 EUR |

⚠️ Attention : Le coefficient de marge (ici 1,10) s'applique sur le prix de revient, pas sur le déboursé sec. Appliquer la marge sur le déboursé sec reviendrait a ignorer les frais généraux dans votre calcul de marge, une erreur fréquente qui fausse toute votre rentabilité.

En pratique, cette chaine de calcul (déboursé sec → coefficient de frais généraux → coefficient de marge) génère des erreurs dès qu'elle est gérée manuellement sur tableur. Un ERP spécialisé BTP comme ConstrOK intègre ces coefficients directement dans le moteur de chiffrage : vous paramétrez votre coefficient de frais généraux une fois, et chaque devis l'applique automatiquement au déboursé sec avant calcul de la marge. Le risque d'oubli ou de formule cassée disparait. Vous pouvez découvrir le module chiffrage et devis de ConstrOK pour voir comment cette logique s'intègre dans votre flux de travail quotidien.


Quel est le bon coefficient de frais généraux selon votre corps de métier ?

Des écarts significatifs entre les métiers du bâtiment

Le coefficient de frais généraux varié fortement d'un corps de métier à l'autre. Un menuisier qui exploité un atelier de 200 m² avec des machines lourdes a des frais de structure bien supérieurs à un électricien qui travaille avec une camionnette et du petit outillage.

Selon les données croisées de Batiprix et de la FFB, voici les fourchettes constatées :

| Corps de métier | Coefficient FG typique | Pourquoi |

|---|---|---|

| Électricité, plomberie | 1,15 - 1,20 | Peu de locaux dédiés, matériel transportable |

| Peinture, sols, finitions | 1,18 - 1,25 | Stock de matériaux limité, peu de matériel lourd |

| Maçonnerie, gros œuvre | 1,20 - 1,30 | Matériel lourd, dépot pour le stockage, engins |

| Menuiserie, agencement | 1,25 - 1,35 | Atelier obligatoire, machines stationnaires, stockage bois |

| Charpente, couverture | 1,20 - 1,30 | Matériel de levage, sécurité renforcée, stockage |

| Entreprise générale tous corps d'état | 1,22 - 1,30 | Structure administrative plus lourde, coordination |

Ces fourchettes sont des repères. Votre coefficient réel dépend de votre organisation propre, de votre localisation géographique (les loyers varient du simple au triple entre la province et l'Île-de-France) et de la taille de votre structure.

La taille de l'entreprise change la donne

Une entreprise de 5 salariés et une PME de 50 salariés n'ont pas la même structure de frais généraux, même dans le même corps de métier. La PME supporte des charges d'encadrement, de RH, de systèmes d'information et de conformité réglementaire que l'artisan n'a pas. En contrepartie, la PME bénéficie d'effets d'échelle sur certains postes (assurances, achats, véhicules).

En règle générale, les TPE de moins de 10 salariés affichent un coefficient de frais généraux inférieur de 3 à 5 points aux PME de 20 à 50 salariés, mais cette différence se réduit si l'on intègre la rémunération réelle du dirigeant (souvent sous-estimée dans les TPE).


Exemple complet : du déboursé sec au prix de vente

Prenons le cas d'une entreprise de plomberie-chauffage de 8 salariés en région Auvergne-Rhone-Alpes, qui intervient en neuf et en rénovation. Cet exercice rejoint la démarche de budget prévisionnel de chantier que toute PME du bâtiment devrait maitriser.

Les données de l'entreprise

Frais généraux annuels (total : 195 000 EUR) :

| Poste | Montant annuel |

|---|---|

| Loyer dépot + bureau | 24 000 EUR |

| Assurance décennale + RC Pro | 28 000 EUR |

| Salaire + charges secrétaire | 38 000 EUR |

| Véhicules (leasing + carburant + entretien) | 42 000 EUR |

| Expert-comptable | 12 000 EUR |

| Téléphonie + logiciels | 8 500 EUR |

| Formation + certifications | 6 500 EUR |

| Frais bancaires + intérets | 5 000 EUR |

| EPI + consommables non affectés | 7 000 EUR |

| Divers (publicité, imprévus) | 24 000 EUR |

Déboursés secs annuels : 780 000 EUR (main-d'œuvre productive : 480 000 EUR, matériaux : 240 000 EUR, location matériel ponctuel : 60 000 EUR)

Le calcul du coefficient

  • Ratio FG / DS = 195 000 / 780 000 = 0,25

  • Coefficient de frais généraux = 1,25

Application sur un chantier

L'entreprise chiffré l'installation complète d'un système de chauffage dans une maison neuve :

| Ligne | Détail | Montant |

|---|---|---|

| Main-d'œuvre | 2 techniciens x 5 jours x 280 EUR/j | 2 800 EUR |

| Matériaux | Pompe a chaleur, plancher chauffant, raccordements | 8 200 EUR |

| Déboursé sec | | 11 000 EUR |

| Application CFG (x 1,25) | Couverture des frais généraux | 13 750 EUR |

| Application marge (x 1,10) | Marge nette de 10 % | 15 125 EUR HT |

Sans le coefficient de frais généraux, l'entreprise qui facturerait 11 000 EUR + 10 % de marge (soit 12 100 EUR) perdrait en réalité 1 650 EUR sur ce chantier après couverture de ses charges de structure. Ce type de dérive se détecte lors d'un suivi de marge chantier rigoureux.

💡 A retenir : Sur un chantier de 11 000 EUR de déboursé sec, la différence entre un coefficient de 1,20 et 1,25 représente 550 EUR. Sur une année de 70 chantiers de taille comparable, cet écart de 5 points vaut 38 500 EUR, soit plus que le résultat net de beaucoup de PME du bâtiment.

Ce type de simulation (coefficient x nombre de chantiers x écart unitaire) se réalise en quelques clics avec un ERP cloud comme ConstrOK. Le conducteur de travaux saisit l'avancement depuis son smartphone, et le tableau de bord financier recalcule automatiquement le prix de revient réel, le coefficient effectif et la marge résiduelle de chaque chantier. Plus besoin de consolider trois fichiers Excel en fin de mois pour découvrir un dérapage.

💡 Pilotez vos coefficients en temps réel — ConstrOK vous permet de comparer votre coefficient prévisionnel et votre coefficient réel chantier par chantier, et de détecter les dérives avant qu'elles n'impactent votre résultat. Demandez une démonstration personnalisée pour voir le tableau de bord financier en action.


6 leviers concrets pour optimiser vos frais généraux sans sacrifier la qualité

Optimiser ses frais généraux ne signifie pas couper dans tout. L'objectif est de réduire les charges qui n'apportent pas de valeur tout en préservant celles qui protègent votre activité (assurances, formation, outils de gestion).

1. Rationalisez vos déplacements

Les déplacements sont le premier poste variable a auditer. Selon la FFB, ils figurent parmi les quatre leviers les plus efficaces pour les TPE-PME du bâtiment.

Actions concrètes :

  • Regroupez les achats de matériaux pour limiter les allers-retours au négoce. Un point hebdomadaire avec les équipes sur les besoins de la semaine évite les trajets improvisés.

  • Négociez la livraison sur chantier avec vos fournisseurs principaux.

  • Optimisez les tournées quand vous gérez plusieurs chantiers simultanés.

  • Suivez la consommation de carburant par véhicule : les écarts entre conducteurs révèlent souvent des marges d'amélioration de 10 à 15 %.

2. Renégociez vos assurances tous les deux ans

L'assurance décennale, la RC professionnelle et l'assurance flotte représentent souvent 8 à 12 % des frais généraux d'une entreprise du bâtiment. Ces contrats se renégocient, surtout quand votre sinistralité est faible.

Faites jouer la concurrence tous les deux ans via un courtier spécialisé BTP. Une PME qui n'a pas renégocié ses contrats depuis trois ans paie en moyenne 15 à 20 % de trop sur ce poste.

3. Structurez vos achats et votre gestion de stock

La centralisation des achats est l'un des leviers les plus rentables. Regrouper les commandes pour plusieurs chantiers permet de négocier des tarifs plus avantageux auprès des fournisseurs et de réduire les frais de livraison.

Mettez en place un circuit d'achat clair : une seule personne validé les commandes, un point hebdomadaire sur les besoins, un dépot organisé avec un inventaire suivi. Les pertes et vols de matériaux non tracés représentent un coût invisible mais réel, estimé entre 2 et 5 % du chiffre d'affaires dans les entreprises sans procédure d'achat formalisée. Suivre l'évolution du prix des matériaux de construction en 2026 vous aide aussi a anticiper l'impact de vos achats sur le coefficient.

4. Digitalisez votre gestion administrative

Le temps passé par le dirigeant ou la secrétaire a ressaisir des données, a chercher des documents ou a relancer des factures est du temps improductif qui alourdit les frais généraux. Les entreprises qui digitalisent leur chaine devis-facturation réduisent leurs délais de facturation de 50 % en moyenne et diminuent les erreurs de saisie de 80 %, selon une étude McKinsey sur la productivité dans la construction.

Coefficient Frais Generaux Btp - illustration 2

La facturation électronique, obligatoire à partir de septembre 2026 pour la réception et progressivement pour l'émission, constitue une raison supplémentaire d'investir dans des outils de gestion adaptés au BTP. Les entreprises qui passent d'un suivi Excel à un ERP intégré comme ConstrOK constatent une réduction moyenne de 30 à 40 % du temps administratif consacré au cycle devis-facturation, du temps récupéré sur la production et qui allège mécaniquement le poids des frais généraux dans le coefficient.

5. Mutualisez le matériel entre chantiers

Plutôt que d'acheter du matériel qui restera inutilisé 60 % du temps, évaluez l'option de la location pour le matériel a usage ponctuel. La règle empirique : si un équipement est utilisé moins de 40 % du temps, la location est souvent plus économique que l'achat, une fois intégrés l'amortissement, l'entretien et le stockage.

Pour le matériel que vous possédez, un planning de répartition entre chantiers évite les doublons d'achat. Un outil de suivi simple (même un tableur partagé) suffit pour commencer — même si la migration d'Excel vers un ERP BTP reste la solution la plus fiable à moyen terme.

6. Réexaminez vos abonnements et contrats récurrents

Les abonnements s'empilent au fil du temps : logiciels, téléphonie, maintenance, locations. Un audit annuel de ces postes récurrents permet de supprimer les services inutilisés, de renégocier les tarifs et de regrouper les prestataires.

Vérifiez les clauses d'indexation de vos contrats (loyer, maintenance, crédit-bail). Certaines entreprises paient des majorations automatiques sans les avoir détectées depuis plusieurs années.


Les erreurs qui plombent votre coefficient (et vos marges)

Utiliser un coefficient forfaitaire sans le recalculer

L'erreur la plus répandue consiste a appliquer un coefficient figé, souvent hérité de l'expert-comptable ou d'un ancien collaborateur, sans le confronter a la réalité de vos charges actuelles. Une entreprise de la région PACA a longtemps utilisé un taux arbitraire de 10 % alors que ses frais généraux réels dépassaient 22 % de ses déboursés secs, selon un témoignage rapporté par Batappli.

Recalculez votre coefficient au minimum une fois par an, au moment de votre bilan comptable. Si votre activité fluctue fortement (croissance rapide, perte d'un gros client, embauche), faites-le chaque trimestre. Un logiciel de comptabilité BTP adapté facilite considérablement cet exercice en catégorisant automatiquement vos charges.

Oublier des postes dans le calcul

Les oublis les plus fréquents : la rémunération du dirigeant (surtout en SARL ou SAS ou elle n'apparait pas toujours dans les charges de personnel), les amortissements, les frais financiers, et la formation. Chaque poste oublié minore artificiellement votre coefficient et donc votre prix de revient.

⚠️ Attention : Si vous etes gérant majoritaire de SARL et que votre rémunération n'apparait pas dans vos frais généraux, vous sous-estimez votre coefficient. Intégrez une rémunération de marché (ce que vous couterait un directeur salarié) pour obtenir un coefficient fidèle a la réalité économique de votre entreprise.

Appliquer le même coefficient à tous vos chantiers

Les chantiers en rénovation en centre-ville ne génèrent pas les mêmes charges indirectes qu'un chantier neuf en zone pavillonnaire. Les contraintes d'accès, les distances, les durées de chantier et le volume de sous-traitance impactent la part de frais généraux a imputer.

Certaines entreprises utilisent deux coefficients : un pour le neuf, un pour la rénovation, avec un écart de 3 à 5 points entre les deux. Cette approche, plus fine, améliore la justesse de vos devis et vous évite de surcoter le neuf (et de perdre des marchés) ou de sous-coter la rénovation (et de perdre de l'argent). Une analyse de rentabilité post-mortem de vos chantiers passés vous aidera a déterminer le bon écart entre ces deux coefficients.

Confondre frais généraux et frais de chantier

Les frais de chantier (installation de chantier, clôtures, nettoyage, benne a déchets) ne sont pas des frais généraux. Ce sont des charges directes affectées à un chantier précis, qui doivent apparaître dans le déboursé sec. Les intégrer dans les frais généraux gonfle artificiellement votre coefficient et fausse la comparaison avec les références sectorielles.


Comment suivre et piloter vos frais généraux au fil du temps ?

Mettre en place un tableau de bord dédié

Un suivi trimestriel de vos frais généraux suffit a détecter les dérives avant qu'elles ne pèsent sur votre résultat annuel. Votre tableau de bord doit comporter au minimum :

  • Le montant total des frais généraux du trimestre, comparé au budget prévisionnel

  • Le ratio frais généraux / chiffre d'affaires (objectif : rester en dessous de 20-25 %)

  • Le coefficient de frais généraux recalculé à partir des données réelles

  • L'évolution de chaque poste par rapport au trimestre précédent

Les écarts de plus de 5 % sur un poste méritent une investigation. Une hausse de 15 % du poste carburant en un trimestre peut signaler un problème d'organisation des tournées ou une dérive dans l'usage des véhicules.

Comparer votre coefficient aux références du secteur

Selon les données compilées par Vertuoza et Batiprix, les frais généraux représentent entre 15 et 25 % du chiffre d'affaires des entreprises du BTP, soit un coefficient de frais généraux compris entre 1,15 et 1,30 rapporté aux déboursés secs.

Si votre coefficient dépasse la fourchette haute de votre corps de métier, identifiez les postes excédentaires. Si votre coefficient est anormalement bas, vérifiez que vous n'avez pas oublié de charges dans le calcul ou que vous ne sous-rémunérez pas votre travail de dirigeant.

Anticiper les évolutions prévisibles de vos charges

Certaines évolutions sont prévisibles et doivent être intégrées dans votre coefficient prévisionnel : l'embauche d'un salarié administratif, l'achat d'un nouveau véhicule, le déménagement dans des locaux plus grands, le passage à un logiciel de gestion. Intégrez ces projections dans votre coefficient dès la phase de chiffrage des devis, pas après coup.

La hausse des coûts des matériaux (+27 % en moyenne depuis 2021 selon les données du Ministère de la Transition écologique) impacte vos déboursés secs mais aussi certains frais généraux (entretien, EPI, consommables). Un coefficient calculé sur les données de l'année passée peut se révéler insuffisant si les charges ont évolué significativement.


FAQ

Comment calculer le coefficient de frais généraux BTP ?

Le coefficient de frais généraux BTP se calcule en divisant le total annuel de vos frais généraux par le total de vos déboursés secs, puis en ajoutant 1. La formule est : CFG = 1 + (frais généraux annuels / déboursés secs annuels). Pour une entreprise avec 200 000 EUR de frais généraux et 800 000 EUR de déboursés secs, le coefficient est de 1,25.

Quel pourcentage de frais généraux est normal pour une entreprise du BTP ?

Les frais généraux d'une entreprise du BTP représentent entre 15 et 25 % du chiffre d'affaires, soit un coefficient compris entre 1,15 et 1,30 rapporté aux déboursés secs. Le pourcentage varié selon le corps de métier, la taille de l'entreprise et sa localisation. Un électricien se situé plutôt autour de 15-20 %, un menuisier avec atelier plutôt autour de 25-35 %.

A quelle fréquence faut-il recalculer son coefficient de frais généraux ?

Recalculez votre coefficient au minimum une fois par an, au moment du bilan comptable. Pour les entreprises en croissance, en restructuration ou dont l'activité est cyclique, un recalcul trimestriel est recommandé. Les charges évoluent avec l'activité et un coefficient obsolète fausse l'intégralité de vos prix de vente.

Quelle est la différence entre frais généraux et frais de chantier ?

Les frais généraux sont des charges indirectes non rattachables à un chantier spécifique (loyer, assurances, comptabilité). Les frais de chantier sont des charges directes affectées à un chantier précis (installation de chantier, benne, nettoyage, clôtures). Les frais de chantier doivent figurer dans le déboursé sec, pas dans les frais généraux.

Peut-on appliquer un coefficient de frais généraux différent selon les types de chantiers ?

Oui, et c'est même recommandé. Les chantiers en rénovation génèrent souvent plus de charges indirectes (déplacements, logistique complexe) que les chantiers en construction neuve. Certaines entreprises utilisent deux coefficients distincts, avec un écart de 3 à 5 points, pour affiner la justesse de leurs devis.

Comment réduire ses frais généraux BTP sans impacter la qualité ?

Les six leviers les plus efficaces sont : la rationalisation des déplacements, la renégociation des assurances tous les deux ans, la structuration des achats, la digitalisation de la gestion administrative, la mutualisation du matériel entre chantiers et l'audit annuel des abonnements et contrats récurrents. Chaque levier peut générer 5 à 15 % d'économie sur le poste concerné.


Sources


ConstrOK : vos frais généraux sous contrôle, votre rentabilité sécurisée

Calculer son coefficient de frais généraux une fois par an, c'est bien. Le piloter en temps réel, chantier par chantier, c'est ce qui fait la différence entre une PME qui subit ses charges et une PME qui maîtrise sa rentabilité.

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