Terrassement et fondations : réglementation, étude de sol et responsabilités
La réglementation terrassement et fondations repose sur un socle précis : la loi ELAN imposé depuis 2020 une étude géotechnique préalable (G1) lors de la vente d'un terrain constructible en zone argi…
Sommaire
- Ce que dit la réglementation sur le terrassement et les fondations en 2026
- Loi ELAN et étude de sol obligatoire : qui fait quoi, qui paie quoi ?
- Études géotechniques G1 à G5 : quelles missions pour quels besoins ?
- Nouvelle carte RGA 2026 : un périmètre élargi à 55 % du territoire
- Fondations de maison individuelle : quel type choisir selon le sol ?
- Responsabilité du constructeur en matière de fondations : ce que dit la jurisprudence
- Comment sécuriser vos chantiers face aux risques géotechniques
- FAQ
- Sources
La réglementation terrassement et fondations repose sur un socle précis : la loi ELAN imposé depuis 2020 une étude géotechnique préalable (G1) lors de la vente d'un terrain constructible en zone argileuse, et une étude de conception (G2) avant la construction d'une maison individuelle. Avec la mise à jour de la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA) prévue au 1er juillet 2026, ce sont 12,1 millions de maisons individuelles qui seront concernées, soit 55 % du territoire hexagonal.
Pour les constructeurs de maisons individuelles et les PME du BTP, la maîtrise de ce cadre réglementaire n'est pas facultative. Les fondations superficielles représentent encore 9,8 % du coût total des sinistres décennaux selon l'Agence Qualité Construction (AQC, rapport 2025), et un défaut de conception ou un terrassement bâclé engage directement la responsabilité décennale du constructeur.
Cet article détaille le cadre légal applicable, les missions géotechniques G1 à G5, le partage des responsabilités entre vendeur, maître d'ouvrage et constructeur, et les bonnes pratiques pour sécuriser vos chantiers.
En bref : Depuis la loi ELAN (2020), l'étude de sol G1 est à la charge du vendeur et la G2 à la charge du maître d'ouvrage, dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles. La carte RGA mise à jour en 2026 élargit le périmètre à 55 % du territoire. Le constructeur qui néglige l'étude de sol s'expose à la garantie décennale, sans possibilité d'exonération sauf cause étrangère prouvée.
Ce que dit la réglementation sur le terrassement et les fondations en 2026
Le cadre légal en vigueur
La réglementation terrassement et fondations s'articule autour de plusieurs textes. Le principal est la loi ELAN du 23 novembre 2018, dont l'article 68 a créé les articles L. 132-4 et suivants du Code de la construction et de l'habitation (CCH). Ces dispositions sont entrées en vigueur au 1er janvier 2020.
Le principe : tout terrain constructible vendu en zone d'exposition moyenne ou forte au phénomène de retrait-gonflement des argiles doit faire l'objet d'une étude géotechnique préalable. Cette étude, annexée au compromis de vente ou à l'acte authentique, informe l'acheteur des risques liés au sol.
Le DTU 13.1 (fondations superficielles) et le DTU 13.2 (fondations profondes) encadrent les règles de mise en œuvre, comme nous le détaillons dans notre guide des normes NF DTU dans le bâtiment. La norme NF P 94-500 définit les missions géotechniques (G1 à G5) et les responsabilités associées.
Pourquoi le terrassement est un poste à risque réglementaire
Le terrassement conditionné la qualité des fondations. Un décaissement insuffisant, un fond de fouille non contrôlé ou un remblaiement mal compacté fragilisent la structure dès le départ. Sur un sol argileux, un terrassement réalisé en période sèche peut modifier le comportement hydrique du terrain et provoquer des mouvements différentiels après construction.
Selon l'AQC (rapport 2025), les fondations superficielles occupent la 2e place par coût de réparation dans le classement des sinistres en maison individuelle, à 9,8 % des dépenses totales. Le rapport souligne que pendant longtemps, les études de sol n'étaient « ni suivies, ni même réalisées par les particuliers faisant construire ». Le résultat : tassements, fissures de façades, voire désordres structurels. Ces sinistres alimentent directement les contentieux liés à l'assurance dommage-ouvrage.
Loi ELAN et étude de sol obligatoire : qui fait quoi, qui paie quoi ?
L'obligation du vendeur : l'étude G1
Depuis le 1er janvier 2020, tout vendeur d'un terrain constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA doit fournir une étude géotechnique préalable de type G1 PGC (Principes Généraux de Construction). Cette étude est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l'acte authentique.
Le vendeur finance intégralement cette étude. Son coût moyen se situé entre 800 et 1 500 euros HT en 2026, selon la localisation et la complexité du terrain.
L'étude G1 identifié les risques géotechniques généraux du site et formule des principes de construction adaptés. Elle ne dimensionne pas les fondations : c'est le rôle de la G2.
L'obligation du maître d'ouvrage : l'étude G2
Dans les mêmes zones, le maître d'ouvrage (celui qui fait construire) doit faire réaliser une étude géotechnique de conception (G2) avant le démarrage des travaux. L'étude G2 est plus poussée : elle comporte des sondages, des essais in situ et dimensionne les fondations en fonction des caractéristiques réelles du sol.
Le coût d'une étude G2 AVP (Avant-Projet) se situé entre 1 500 et 2 500 euros HT. Une G2 PRO (phase Projet), plus complète, coûte entre 2 500 et 3 600 euros HT.
💡 Point pratique : Dans le cadre d'un CCMI, c'est généralement le constructeur qui intègre le coût de l'étude G2 dans son prix global. Le constructeur à tout intérêt à piloter cette étude lui-même pour adapter son projet technique et éviter les mauvaises surprises en phase terrassement.
Le suivi de cette étape est souvent négligé faute d'un outil adapté. Des ERP spécialisés comme ConstrOK permettent d'intégrer les résultats de l'étude G2 directement dans le dossier chantier numérique, de rattacher les préconisations géotechniques au planning de terrassement et de déclencher les alertes de conformité avant le démarrage des travaux. Le risque d'oubli ou de perte de document disparaît.
Que se passe-t-il hors zone RGA ?
Hors zone d'exposition moyenne ou forte, l'étude de sol n'est pas légalement obligatoire. Le constructeur reste toutefois soumis à son obligation de résultat au titre de la garantie décennale. Réaliser une étude G2 même hors obligation légale est une bonne pratique qui sécurise le dimensionnement des fondations et constitue une preuve de diligence en cas de sinistre.
Études géotechniques G1 à G5 : quelles missions pour quels besoins ?
La norme NF P 94-500, publiée par l'AFNOR, structure les missions géotechniques en cinq niveaux. Chaque mission correspond à une phase du projet et à un niveau de responsabilité.
| Mission | Intitulé | Objectif | Qui la commande | Coût indicatif HT (2026) |
|---|---|---|---|---|
| G1 | Étude géotechnique préalable | Identifier les risques géotechniques, définir les principes généraux de construction | Vendeur du terrain | 800 - 1 500 euros |
| G2 | Étude géotechnique de conception | Dimensionner les fondations, adapter le projet au sol | Maître d'ouvrage / constructeur | 1 500 - 3 600 euros |
| G3 | Étude et suivi géotechniques d'exécution | Valider les hypothèses G2 pendant le chantier, adapter en cas d'aléas | Entreprise de fondations | 1 000 - 2 500 euros |
| G4 | Supervision géotechnique d'exécution | Contrôle indépendant des études G2/G3 | Maître d'ouvrage (ouvrages sensibles) | Variable |
| G5 | Diagnostic géotechnique | Analyser les causes de désordres existants (fissures, tassements) | Propriétaire ou assureur | 1 500 - 4 000 euros |
La G1 : première lecture du terrain
La mission G1 se décompose en deux phases : la G1 ES (Étude de Site), qui recensé les données géologiques et hydrogéologiques du terrain, et la G1 PGC (Principes Généraux de Construction), qui formule les premiers principes d'adaptation au sol. C'est cette G1 PGC que la loi ELAN rend obligatoire lors de la vente.

La G1 s'appuie sur une analyse documentaire (cartes géologiques, historique du site) et une visite de terrain. Elle ne comporte pas de sondages mécaniques.
La G2 : le dimensionnement des fondations
La mission G2 est le cœur de la conception géotechnique. Elle se découpe en trois phases :
- G2 AVP (Avant-Projet) : premiers sondages, définition du modèle géotechnique, pré-dimensionnement des fondations.
- G2 PRO (Projet) : dimensionnement définitif, notes de calcul, prescriptions d'exécution.
- G2 DCE/ACT : spécifications pour la consultation des entreprises.
Pour une maison individuelle en zone argileuse, la G2 AVP est le minimum requis. Elle indique le type de fondations adapté (superficielles, semi-profondes ou profondes), la profondeur d'ancrage et les précautions à prendre pendant le terrassement.
⚠️ Attention : Une étude G1 ne remplace pas une G2. La G1 identifié les risques, la G2 les traite. Construire sur la seule base d'une G1, c'est dimensionner les fondations à l'aveugle.
G3, G4, G5 : les missions complémentaires
La G3 intervient pendant l'exécution : le géotechnicien vérifie que les conditions rencontrées en fond de fouille correspondent aux hypothèses de la G2. Si le sol est différent de ce qui était prévu (nappe phréatique, hétérogénéité), il adapte les préconisations en temps réel. Cette mission est rare en maison individuelle mais courante sur les chantiers complexes.
La G4 est une supervision indépendante, exigée sur les ouvrages publics ou sensibles.
La G5 (diagnostic) s'applique aux bâtiments existants présentant des désordres : fissures, affaissements, mouvements différentiels. Elle identifié les causes et proposé des solutions de reprise en sous-œuvre.
Nouvelle carte RGA 2026 : un périmètre élargi à 55 % du territoire
Ce qui change au 1er juillet 2026
L'arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA). Le nouveau zonage, applicable à compter du 1er juillet 2026, intègre les effets du changement climatique et la forte sinistralité observée entre 2018 et 2022. Cette évolution a des répercussions directes sur les délais et recours liés au permis de construire, puisque l'étude de sol doit être produite avant le dépôt de la demande.
Les chiffrés sont significatifs :
- 55 % du territoire hexagonal est désormais classé en zone d'exposition moyenne ou forte, contre 48 % auparavant.
- 12,1 millions de maisons individuelles sont potentiellement exposées, soit 61,5 % du parc de maisons individuelles en France.
- 240 000 sinistres liés au RGA ont été enregistrés entre 2018 et 2022, représentant 58 % de l'ensemble des sinistres RGA déclarés depuis 1989.
Impact concret pour les constructeurs et PME du BTP
L'élargissement du zonage signifie que davantage de terrains seront soumis à l'obligation d'étude géotechnique. Pour un constructeur de maisons individuelles qui opère dans un département nouvellement classé en exposition moyenne, cela implique :
- De systématiser l'intégration du coût de la G2 dans ses devis et son budget prévisionnel de chantier.
- D'adapter ses techniques de terrassement et de fondations aux prescriptions de l'étude de sol.
- De documenter la conformité de ses travaux aux recommandations géotechniques, en prévision d'un éventuel sinistre.
Concrètement, avec un ERP cloud comme ConstrOK, le conducteur de travaux rattache l'étude G2 au dossier du chantier dès la phase commerciale, programme les jalons de conformité dans le planning et archive automatiquement les pièces justificatives (PV de réception du fond de fouille, bons de livraison béton). Le jour où un expert judiciaire demande le dossier, tout est accessible en quelques clics depuis n'importe quel appareil.
💡 Gagnez du temps sur la conformité géotechnique : Demandez une démonstration de ConstrOK pour voir comment centraliser vos études de sol, vos plans de terrassement et vos PV de réception dans un dossier chantier unique.
La carte est consultable sur le site Géorisques. Chaque terrain peut être vérifié à la parcelle.
💡 Exemple terrain : Un constructeur installé dans le Loiret, département partiellement classé en exposition moyenne depuis 2020, voit plusieurs communes passer en exposition forte avec la carte 2026. Sur un terrain de 600 m2 en zone argileuse, le surcoût lié à l'étude G2 (environ 2 000 euros) et aux fondations adaptées (semelles renforcées, longrine périphérique, vide sanitaire) peut représenter 8 000 à 15 000 euros supplémentaires par rapport à des fondations standard. Ce surcoût doit être intégré dès le chiffrage commercial.
Fondations de maison individuelle : quel type choisir selon le sol ?
Les trois familles de fondations
Le choix du type de fondations dépend directement des résultats de l'étude géotechnique G2. Trois grandes familles existent.
| Type de fondation | Profondeur d'ancrage | Sol adapté | Coût indicatif (maison 100 m2) | Points de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Superficielles (semelles filantes, isolées, radier) | 0,50 à 1,20 m | Sol portant homogène, absence d'argile gonflante en surface | 8 000 - 15 000 euros | Ancrage sous la zone de gel, drainage périphérique |
| Semi-profondes (puits, longrines sur puits) | 1,50 à 5 m | Couche portante à profondeur intermédiaire, sol argileux en surface | 15 000 - 30 000 euros | Profondeur d'ancrage sous la zone de dessiccation |
| Profondes (micropieux, pieux forés) | > 5 m | Sol portant profond, terrain très hétérogène ou instable | 25 000 - 50 000 euros | Recours à une entreprise spécialisée, suivi G3 recommandé |
Fondations en zone argileuse : les règles de l'art
En terrain argileux, les fondations doivent atteindre une profondeur minimale de 0,80 m (exposition moyenne) à 1,20 m (exposition forte) pour s'ancrer sous la zone de variation hydrique du sol. Les prescriptions courantes incluent :
- Des semelles filantes continues formant un réseau rigide, reliées par des longrines.
- Un vide sanitaire ou un plancher sur terre-plein avec joint périphérique, pour désolidariser la structure du sol.
- Un dispositif de drainage éloignant les eaux pluviales du bâtiment.
- L'interdiction de planter des arbres à moins de la hauteur adulte de l'arbre par rapport aux fondations.
Le DTU 13.12 (règles de calcul des fondations superficielles) et les recommandations de l'étude G2 déterminent les sections d'armature et les bétons à utiliser. En cas de présence d'amiante dans le sol (terrain anciennement bâti), un diagnostic amiante avant travaux vient compléter le dossier géotechnique.
Le terrassement : étape critique pour la longévité des fondations
Le terrassement ne se limite pas à creuser. Sur un terrain argileux, la gestion de l'eau pendant la phase de terrassement est déterminante. Un fond de fouille exposé aux intempéries gonfle, puis se rétracte en séchant, ce qui crée des hétérogénéités mécaniques sous les fondations.
Trois règles pratiques à respecter :
- Couler le béton rapidement après l'ouverture des fouilles (idéalement sous 48 heures) pour éviter l'altération du fond de fouille.
- Protéger les fouilles des eaux de ruissellement avec un fossé de collecte périphérique.
- Contrôler la compacité du fond de fouille avant coulage, en vérifiant la conformité avec les préconisations de la G2.
Responsabilité du constructeur en matière de fondations : ce que dit la jurisprudence
La garantie décennale et les fondations
Les fondations sont un ouvrage au sens de l'article 1792 du Code civil. Tout désordre qui compromet la solidité de l'ouvrage ou le rend impropre à sa destination engage la responsabilité décennale du constructeur, sans qu'il soit nécessaire de prouver une faute.
Le constructeur ne peut s'exonérer qu'en démontrant une cause étrangère : force majeure, fait d'un tiers, ou faute du maître d'ouvrage. La charge de la preuve pèse sur le constructeur.
Jurisprudence 2024-2025 : trois arrêts à connaître
La Cour de cassation a rendu plusieurs décisions récentes qui clarifient le régime de responsabilité lié aux fondations.
1. Le bureau d'études ne s'exonère pas par un simple avertissement (Cour de cassation, 15 février 2024). Un bureau d'études qui avait réalisé les plans de structure a vu sa responsabilité engagée, bien qu'il ait averti le maître d'ouvrage de la nécessité de réaliser une étude de sol avant de dimensionner les fondations. L'avertissement seul ne suffit pas : le professionnel doit refuser de poursuivre sa mission sans les éléments nécessaires.
2. L'acceptation délibérée du risque peut exonérer le constructeur (Cour de cassation, 7 novembre 2024). Dans cette affaire, un maître d'ouvrage avait construit sans étude de sol malgré un avis défavorable du contrôleur technique. La Cour a considéré que cette « acceptation délibérée du risque » constituait une cause étrangère exonérant le constructeur de sa responsabilité décennale.

3. L'imputabilité assouplie en faveur du maître d'ouvrage (Cour de cassation, 11 septembre 2025). Revirement majeur : le maître d'ouvrage n'a plus à prouver que le sinistre résulte d'un vice de construction. Il suffit qu'un lien soit « non exclu » entre le dommage et les travaux réalisés. La présomption de responsabilité s'applique dès lors que le sinistre est susceptible d'avoir un rapport avec l'ouvrage.
⚠️ Attention : Cet arrêt de septembre 2025 renforcé considérablement la position du maître d'ouvrage en cas de sinistre sur les fondations. Pour le constructeur, la meilleure protection reste la traçabilité : étude de sol complète, procès-verbal de réception du fond de fouille, photos horodatées, conformité aux préconisations de la G2.
Le partage de responsabilité entre les intervenants
En cas de sinistre sur les fondations, la responsabilité peut être répartie entre plusieurs intervenants :
| Intervenant | Responsabilité potentielle | Ce qu'il doit prouver pour s'exonérer |
|---|---|---|
| Constructeur (CMI) | Responsabilité décennale de plein droit | Cause étrangère (force majeure, fait du tiers, faute du maître d'ouvrage) |
| Bureau d'études géotechniques | Responsabilité contractuelle et décennale si les préconisations sont erronées | Respect des règles de l'art, données insuffisantes fournies par le maître d'ouvrage |
| Maître d'ouvrage | Pas de responsabilité sauf s'il a contribué au sinistre (ex. : refus de l'étude de sol, plantations trop proches) | — |
| Terrassier / entreprise de fondations | Responsabilité décennale sur la mise en œuvre | Conformité aux plans et prescriptions de la G2 |
Comment sécuriser vos chantiers face aux risques géotechniques
Checklist avant terrassement
Avant d'ouvrir le premier godet de pelle, assurez-vous d'avoir réuni ces éléments (retrouvez une liste complète dans notre checklist de démarrage de chantier) :
- Étude G1 fournie par le vendeur du terrain (en zone RGA).
- Étude G2 AVP ou PRO, avec dimensionnement des fondations adapté au projet.
- Plan de terrassement conforme aux préconisations de la G2 (profondeur, pentes, drainage).
- Vérification de la présence de réseaux enterrés (DICT déposée et réponses reçues).
- Conditions météorologiques compatibles (éviter le terrassement en période de forte pluie sur sol argileux).
Documenter chaque étape pour se protéger
La traçabilité est la meilleure assurance du constructeur. En cas de sinistre dix ans plus tard, les documents suivants feront la différence devant un expert judiciaire :
- Procès-verbal de réception du fond de fouille, signé par le conducteur de travaux et idéalement par le géotechnicien.
- Photos horodatées du fond de fouille avant coulage, montrant la nature du sol rencontré.
- Bon de livraison du béton avec les caractéristiques (classe de résistance, dosage).
- Plans d'exécution des fondations avec les cotes réelles, archivés dans le dossier chantier.
💡 Bonnes pratiques : Centraliser ces documents dans un dossier numérique par chantier permet de les retrouver facilement en cas de réclamation, même plusieurs années après la livraison. Les constructeurs qui utilisent un ERP intégré comme ConstrOK pour archiver leurs pièces de chantier (études de sol, PV, photos horodatées) reconstituent un dossier complet en quelques minutes, là où un classement papier ou par dossiers dispersés demande plusieurs heures de recherche. En matière de gestion documentaire dans le BTP, cette centralisation fait la différence entre un sinistre bien défendu et un contentieux subi.
Intégrer le surcoût géotechnique dès le chiffrage
Le piège classique : chiffrer le poste « fondations » sur la base d'un standard (semelles filantes 60 x 25 cm, profondeur 60 cm) sans attendre les résultats de l'étude G2. Si l'étude révèle un sol portant à 2 mètres de profondeur, le surcoût de fondations semi-profondes peut atteindre 15 000 à 20 000 euros sur une maison de 100 m2.
Deux approches pour gérer ce risque :
- Conditionner le devis aux résultats de l'étude G2, avec une clause de révision du poste fondations.
- Intégrer une provision pour aléas de chantier géotechniques dans le budget prévisionnel (5 à 10 % du poste gros œuvre).
Sur un CCMI, le prix est ferme et définitif : la provision doit donc être intégrée dès le chiffrage initial. Le constructeur qui sous-estimé ce poste absorbe la différence sur sa marge, déjà fragile à ~5 % en moyenne dans le secteur.
FAQ
L'étude de sol G1 est-elle obligatoire pour vendre un terrain ?
Oui, depuis le 1er janvier 2020, dans les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles (RGA). Le vendeur doit annexer une étude géotechnique préalable G1 PGC à la promesse de vente ou à l'acte authentique. Hors zone RGA, cette obligation ne s'applique pas, mais reste une bonne pratique. La carte des zones est consultable sur Géorisques.
Quelle différence entre une étude G1 et une étude G2 ?
L'étude G1 est une reconnaissance préalable qui identifié les risques géotechniques généraux du terrain. Elle coûte 800 à 1 500 euros HT. L'étude G2 est une étude de conception qui dimensionne les fondations : sondages mécaniques, essais de sol, notes de calcul. Elle coûte 1 500 à 3 600 euros HT. La G1 ne remplace jamais la G2 pour la construction.
Qui est responsable en cas de fissures sur les fondations d'une maison neuve ?
Le constructeur est présumé responsable au titre de la garantie décennale (article 1792 du Code civil). Il ne peut s'exonérer qu'en prouvant une cause étrangère : force majeure, faute du maître d'ouvrage ou fait d'un tiers. Depuis l'arrêt du 11 septembre 2025, la Cour de cassation a assoupli la condition d'imputabilité en faveur du maître d'ouvrage.
Combien coûtent des fondations adaptées en zone argileuse ?
Le surcoût par rapport à des fondations standard varié selon la profondeur d'ancrage requise. Pour une maison de 100 m2, comptez 8 000 à 15 000 euros pour des fondations superficielles renforcées, 15 000 à 30 000 euros pour des fondations semi-profondes (puits), et 25 000 à 50 000 euros pour des fondations profondes (micropieux). L'étude G2 détermine le type adapté.
La nouvelle carte RGA 2026 change-t-elle les obligations pour les constructeurs ?
L'arrêté du 9 janvier 2026 élargit le zonage d'exposition au RGA à 55 % du territoire (contre 48 % auparavant). À compter du 1er juillet 2026, les terrains nouvellement classés en exposition moyenne ou forte seront soumis aux mêmes obligations : étude G1 à la vente et étude G2 avant construction. Les constructeurs opérant dans ces nouvelles zones doivent anticiper l'intégration du coût géotechnique dans leurs devis.
Un constructeur peut-il refuser de réaliser l'étude G2 demandée par le maître d'ouvrage ?
Non. Dans les zones soumises à l'obligation (exposition moyenne ou forte au RGA), l'étude G2 est une obligation légale. Le constructeur qui passerait outre s'exposerait à la mise en jeu de sa responsabilité décennale en cas de sinistre, sans pouvoir invoquer l'ignorance des conditions de sol. La jurisprudence de 2024 confirme que même un avertissement ne suffit pas à exonérer le professionnel.
Sources
- Agence Qualité Construction (AQC), « Flop 10 Maisons individuelles 2025 — Désordres décennaux », juin 2025. [https://qualiteconstruction.com/actualite/desordres-decennaux-aqc-2025-flop-10-maisons-individuelles-couvertures-petits-elements-06-2025/] S0
- Service-Public.fr, « Terrains argileux : le nouveau zonage d'exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA) », 2026. [https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18807] S0
- Géorisques, « Retrait-gonflement des argiles, Carte d'exposition (version 2026) ». [https://www.georisques.gouv.fr/donnees/bases-de-donnees/retrait-gonflement-des-argiles-version-2026] S0
- Loi ELAN du 23 novembre 2018, article 68, codifié aux articles L. 132-4 et suivants du Code de la construction et de l'habitation. [https://www.legifrance.gouv.fr] S0
- Norme NF P 94-500 (novembre 2013), « Missions d'ingénierie géotechnique, Classification et spécifications ». AFNOR.
- Cour de cassation, 3e chambre civile, 15 février 2024, Responsabilité du bureau d'études structure en l'absence d'étude de sol.
- Cour de cassation, 3e chambre civile, 7 novembre 2024, Acceptation délibérée du risque par le maître d'ouvrage.
- Cour de cassation, 3e chambre civile, 11 septembre 2025, n°24-10.139, Assouplissement de l'imputabilité en matière de garantie décennale. [https://www.cmc-avocats-bordeaux.fr/garantie-decennale-et-imputabilite-du-dommage-arret-de-la-cour-de-cassation-du-11-septembre-2025-n24-10-139/] S0
- GEOTEC, « Prix d'une étude de sol 2025-2026 : tarifs, démarches et conseils ». [https://www.geotec.fr/fr/expertise/cout-dune-etude-de-sol] S0
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