Aller au contenu principal
Retour au blog
constrOK 21 min

Marchés privés BTP : règles, contrats et sécurisation des paiements

Les marchés privés représentent environ 71 % du chiffre d'affaires du secteur du bâtiment en France, selon les [données du ministère de la Transition écologique](https://www.statistiques.developpemen…

A
Apps Velocity Auteur
Marchés privés BTP : règles, contrats et sécurisation des paiements

Sommaire


Les marchés privés représentent environ 71 % du chiffre d'affaires du secteur du bâtiment en France, selon les données du ministère de la Transition écologique. Pour les PME du BTP, ils constituent le cœur de l'activité. Pourtant, les règles qui encadrent ces marchés privés BTP restent mal maîtrisées par une majorité d'entreprises, ce qui expose à des litiges sur les paiements, des réceptions contestées et des responsabilités mal anticipées.

Un marché privé de travaux est un contrat conclu entre un maître d'ouvrage privé (particulier, entreprise, promoteur) et une entreprise du bâtiment. Contrairement au marché public, il repose sur la liberté contractuelle. Mais liberté ne signifie pas absence de règles : le Code civil, la norme NF P 03-001 et plusieurs lois spécifiques encadrent strictement les obligations des parties.

Ce guide détaille les règles applicables aux marchés privés BTP, les différences avec les marchés publics, la norme NF P 03-001, les mécanismes de sécurisation des paiements et la gestion de la sous-traitance. Objectif : vous donner les clés pour contractualiser proprement et protéger votre trésorerie.

En bref : Les marchés privés BTP reposent sur la liberté contractuelle mais sont encadrés par le Code civil, la loi de 1975 sur la sous-traitance et la norme NF P 03-001. Les trois leviers de sécurisation du paiement pour l'entrepreneur sont la garantie de paiement (article 1799-1 du Code civil, obligatoire au-delà de 12 000 euros HT), la retenue de garantie (5 % maximum, restituée sous 12 mois) et la caution bancaire. Structurer vos contrats en vous appuyant sur ces dispositifs protège votre trésorerie et réduit les litiges.


Qu'est-ce qu'un marché privé dans le BTP ?

Un marché privé de travaux est un contrat par lequel un maître d'ouvrage de droit privé confie à un entrepreneur la réalisation de travaux de construction, de rénovation ou d'aménagement. Le maître d'ouvrage peut être un particulier qui fait construire sa maison, une entreprise qui rénove ses locaux ou un promoteur immobilier.

Ce qui distingue un marché privé

La caractéristique fondamentale du marché privé est la liberté contractuelle. Les parties négocient librement les clauses du contrat : prix, délais, pénalités, modalités de paiement, conditions de réception. Aucune procédure d'appel d'offres n'est imposée. Le maître d'ouvrage choisit ses entreprises comme il le souhaite, sans obligation de mise en concurrence.

Cette liberté à une contrepartie : en l'absence de cadre contractuel solide, les litiges sont fréquents. Le chiffre d'affaires du BTP français atteignait 166 milliards d'euros en 2025 selon LeanCo, et la part privée (entreprises + particuliers + syndics) en représente la grande majorité. Le volume financier en jeu justifie une structuration rigoureuse des contrats, depuis l'établissement du devis jusqu'à la réception des travaux.

Les textes qui encadrent les marchés privés

Malgré la liberté contractuelle, plusieurs textes s'appliquent de plein droit :

  • Le Code civil (articles 1779 à 1799-1) : régit le contrat de louage d'ouvrage, les responsabilités et la garantie de paiement

  • La loi n 75-1334 du 31 décembre 1975 : encadre la sous-traitance

  • La loi n 71-584 du 16 juillet 1971 : réglemente la retenue de garantie

  • Le Code de la construction et de l'habitation : impose des règles spécifiques pour certains types de marchés (CCMI notamment)

  • La norme NF P 03-001 : CCAG volontaire, applicable uniquement si le contrat la mentionne (voir aussi notre guide complet sur les normes NF DTU)


Quelles sont les différences entre marché public et marché privé BTP ?

La confusion entre marché public et marché privé BTP reste courante, y compris chez des entrepreneurs expérimentés. Les deux types de marchés obéissent à des logiques fondamentalement différentes.

Tableau comparatif marché public vs marché privé BTP

| Critère | Marché public | Marché privé |

|---|---|---|

| Cadre réglementaire | Code de la commande publique (CCP) | Code civil + contrat librement négocié |

| Maître d'ouvrage | Etat, collectivités, établissements publics | Particulier, entreprise, promoteur |

| Mise en concurrence | Obligatoire (appel d'offres, MAPA…) | Libre choix de l'entreprise |

| Egalité de traitement | Imposée entre candidats | Aucune obligation |

| Négociation du prix | Encadrée par la procédure | Libre |

| Documents contractuels | CCAG Travaux obligatoire | NF P 03-001 facultative (si citée au contrat) |

| Délai de paiement | 30 jours (intérêts moratoires automatiques) | 30 à 60 jours (selon conditions contractuelles) |

| Paiement du sous-traitant | Paiement direct obligatoire (> 600 euros TTC) | Action directe contre le maître d'ouvrage (loi 1975) |

| Retenue de garantie | 5 % maximum | 5 % maximum (si prévue au contrat) |

| Avance forfaitaire | Obligatoire (>50 000 euros HT pour les PME) | Pas d'obligation légale |

| Réception | Prononcée par le maître d'ouvrage | Prononcée par le maître d'ouvrage, tacite possible |

Liberté contractuelle : un atout et un risque

Selon Generali Pro, la différence fondamentale tient au degré de liberté laissé aux parties. En marché privé, le maître d'ouvrage n'a pas à justifier le choix de ses entreprises, ni à garantir l'égalité de traitement. Il peut négocier directement, renouveler ses contrats avec les mêmes partenaires sans formalité.

Pour l'entrepreneur, cette souplesse implique une responsabilité accrue dans la rédaction du contrat. Un devis signé sans conditions générales détaillées, sans clauses de révision de prix ni d'échéancier de paiement structuré expose à des litiges coûteux.

Attention : en marché privé, un simple devis accepté constitue un contrat. Si ce devis ne prévoit pas de clauses de pénalités, de modalités de réception ou de retenue de garantie, les règles de droit commun s'appliquent, souvent au détriment de l'entrepreneur.


Norme NF P 03-001 : le cadre contractuel de référence des marchés privés

La norme NF P 03-001 est le cahier des clauses administratives générales (CCAG) de référence pour les marchés privés de bâtiment. Publiée par l'AFNOR, sa dernière version date du 20 octobre 2017. Elle remplace la version de décembre 2000.

Quel est le rôle de la norme NF P 03-001 ?

La NF P 03-001 fournit un cadre contractuel complet et équilibré pour les marchés privés de travaux. Elle définit les droits et obligations du maître d'ouvrage, du maître d'œuvre et de l'entrepreneur sur tous les aspects du marché : formation du contrat, exécution, paiement, réception, responsabilités.

Un point fondamental : la norme n'est pas obligatoire. Elle ne s'applique que si le contrat la mentionne explicitement comme document contractuel. Selon la FFB, cette mention doit figurer clairement dans les pièces du marché.

Les apports majeurs de la version 2017

La révision de 2017 a introduit plusieurs modifications significatives, décryptées par la MAF Assurances :

Réception avec abattement de prix. La norme autorise désormais la réception avec réfaction (réduction de prix) pour les non-conformités mineures. Le maître d'ouvrage accepte les travaux moyennant une diminution du prix, au lieu de refuser la réception. Ce mécanisme évite les blocages, mais attention : les désordres ainsi acceptés ne relèvent plus de la garantie décennale ni de l'assurance dommages-ouvrage.

Paiement et avances. La version 2017 prévoit une avance de 10 % avant le démarrage des travaux. Les pénalités de retard de l'entrepreneur ont été réduites à 1/3 000e du montant du marché par jour. La retenue de garantie de 5 % est devenue optionnelle (elle n'est plus automatique).

Seuil de réclamation pour baisse de volume. Le seuil déclenchant le droit de l'entrepreneur à indemnisation en cas de réduction du volume de travaux passe de 15 % à 10 %.

Agrément des sous-traitants. Lorsque les sous-traitants sont déclarés au moment de la soumission, la signature du marché vaut acceptation du sous-traitant.

Astuce : si vous intervenez régulièrement en marché privé, incluez systématiquement la mention de la norme NF P 03-001 dans vos conditions contractuelles. Elle constitue un filet de sécurité qui couvre la majorité des situations litigieuses.


Marche Prive Btp Regles - illustration 1

Quels documents contractuels inclure dans un marché privé de travaux ?

En marché privé, la qualité de votre contrat détermine votre capacité à vous faire payer et à gérer les aléas de chantier. Un contrat lacunaire expose aux interprétations divergentes et aux litiges.

La hiérarchie des pièces contractuelles

La norme NF P 03-001 établit un ordre de priorité entre les documents contractuels. En cas de contradiction entre deux pièces, c'est le document de rang supérieur qui prévaut :

  1. L'acte d'engagement (le marché signé)

  2. Le cahier des clauses administratives particulières (CCAP)

  3. Le cahier des clauses administratives générales (la norme NF P 03-001 elle-même)

  4. Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP)

  5. Les cahiers des clauses techniques générales (DTU)

  6. Les plans et documents graphiques

Les clauses indispensables à prévoir

Même en l'absence de référence à la NF P 03-001, certaines clauses doivent figurer dans tout contrat de marché privé BTP :

Clauses financières :

  • Prix ferme ou révisable (avec formule de révision indexée, par exemple sur le BT01)

  • Echéancier de paiement détaillé (situations mensuelles, acomptes)

  • Délai de paiement (30 jours par défaut, 60 jours maximum selon le Code de commerce)

  • Pénalités de retard de paiement

  • Retenue de garantie (oui/non, montant, conditions de libération)

Clauses d'exécution :

  • Délai global et délais intermédiaires

  • Pénalités de retard de livraison

  • Conditions de sous-traitance et agrément

  • Procédure de réception (contradictoire, avec ou sans réserves)

Clauses de responsabilité :

  • Assurances exigées (RC décennale, RC professionnelle, dommages-ouvrage)

  • Garantie de parfait achèvement (1 an)

  • Garantie biennale (2 ans) et décennale (10 ans)

Mise en situation : une PME de second œuvre signé un devis de 85 000 euros pour la rénovation de bureaux. Le devis mentionne un prix global et un délai de 8 semaines, sans plus de détails. A mi-chantier, le client demande des modifications. L'entreprise exécute, mais le client conteste le supplément de prix. Sans avenant signé, sans clause de modification au contrat, l'entreprise se retrouve en conflit. Avec un contrat structuré (CCAP + référence NF P 03-001), la procédure d'avenant et de valorisation des travaux supplémentaires aurait été claire pour les deux parties.

Ce type de scénario illustre l'intérêt d'un outil qui structure la chaîne contractuelle dès le devis initial. Des ERP spécialisés comme ConstrOK intègrent des modèles de pièces contractuelles conformes à la NF P 03-001 et permettent de générer les avenants en les rattachant automatiquement au marché d'origine, avec traçabilité complète et signature électronique intégrée.

Découvrir la gestion contractuelle ConstrOK


Comment sécuriser le paiement en marché privé BTP ?

Les retards et impayés représentent le risque financier majeur pour les PME du BTP. Selon la FFB, les retards de paiement dans le secteur pèsent environ 15 milliards d'euros par an. Trois mécanismes légaux permettent de sécuriser vos encaissements.

La garantie de paiement (article 1799-1 du Code civil)

La garantie de paiement est le dispositif le plus protecteur pour l'entrepreneur en marché privé. L'article 1799-1 du Code civil impose au maître d'ouvrage de garantir le paiement des sommes dues à l'entrepreneur dès que le montant du marché dépasse 12 000 euros HT.

Cette garantie prend trois formes possibles :

  • Un crédit spécifique obtenu par le maître d'ouvrage auprès d'un établissement bancaire

  • Un cautionnement solidaire délivré par un établissement de crédit ou une compagnie d'assurance

  • Une garantie résultant d'une stipulation particulière du contrat

Le mécanisme est puissant : si le maître d'ouvrage refusé de fournir cette garantie et que l'entrepreneur reste impayé, celui-ci peut suspendre les travaux après une mise en demeure restée sans effet pendant 15 jours. Cette clause est d'ordre public, ce qui signifie que le contrat ne peut pas y déroger. En cas de persistance de l'impayé, des procédures de recouvrement spécifiques au BTP existent pour protéger l'entrepreneur.

Les délais de paiement légaux

En marché privé, le délai de paiement de droit commun est de 30 jours à compter de la réception de la facture. Le contrat peut prévoir un délai allant jusqu'à 60 jours date de facture, ou 45 jours fin de mois. Au-delà, les clauses sont réputées non écrites.

En cas de retard, des pénalités s'appliquent automatiquement :

  • Taux d'intérêt : au minimum 3 fois le taux d'intérêt légal

  • Indemnité forfaitaire de recouvrement : 40 euros par facture impayée

La facturation de situations : un outil de sécurisation

La facturation par situations successives (mensuelles ou bimensuelles) constitue un levier concret pour protéger votre trésorerie. Chaque situation de travaux facture l'avancement réel du chantier et déclenche un paiement partiel.

Le principe : vous facturez au fil de l'eau plutôt qu'en fin de chantier. Un chantier de 200 000 euros sur 4 mois génère ainsi 4 situations de 50 000 euros environ, au lieu d'une seule facture à la livraison. L'exposition au risque d'impayé est mécaniquement réduite. Pour aller plus loin sur ce mécanisme, consultez notre guide sur la facture de situation de travaux.

Avec un ERP cloud comme ConstrOK, le conducteur de travaux saisit l'avancement depuis le chantier, directement sur son smartphone. La situation de travaux se génère automatiquement avec le bon taux d'avancement, les retenues contractuelles et les pénalités de retard éventuelles. Le responsable financier suit les encaissements en temps réel et déclenche les relances automatiques dès le premier jour de retard.

Votre trésorerie de chantier sous contrôle : ConstrOK automatisé la facturation de situations, le suivi des paiements et les relances. Demandez une démonstration pour voir comment sécuriser vos encaissements.


Retenue de garantie : mécanisme, durée et libération

La retenue de garantie est un dispositif fréquent en marchés privés BTP, mais ses règles sont souvent mal comprises, ce qui génère des blocages à la restitution.

Qu'est-ce que la retenue de garantie en marché privé ?

La retenue de garantie est une somme retenue par le maître d'ouvrage sur chaque paiement (situation de travaux), destinée à couvrir les éventuelles malfaçons constatées après la réception. Elle est encadrée par la loi n 71-584 du 16 juillet 1971.

Trois règles fondamentales :

  1. Plafond de 5 % du montant total du marché TTC. Ce taux est un maximum légal. Il peut être négocié à la baisse (3 %, 2 %) ou supprimé.

  2. Durée maximale de 12 mois à compter de la réception des travaux. Passé ce délai, si le maître d'ouvrage n'a formulé aucune réclamation, la retenue doit être restituée intégralement.

  3. Consignation obligatoire : le maître d'ouvrage ne peut pas conserver lui-même les fonds. Ils doivent être consignés auprès d'un tiers (généralement un notaire ou un établissement bancaire) désigné d'un commun accord. Notre guide sur la retenue de garantie de 5 % détaille la procédure complète de consignation et de libération.

L'alternative : la caution bancaire

L'entrepreneur peut remplacer la retenue de garantie par une caution personnelle et solidaire d'un établissement bancaire. Cette solution présente un avantage majeur : l'entrepreneur est payé à 100 % sur chaque situation, la banque se portant garante du montant de la retenue.

| | Retenue de garantie | Caution bancaire |

|---|---|---|

| Impact trésorerie | Négatif (5 % bloqués) | Neutre (paiement intégral) |

| Coût | Aucun coût direct | Commission bancaire (0,5 à 1,5 % du montant garanti) |

| Restitution | 12 mois après réception | Libération automatique à l'échéance |

| Contrainte administrative | Faible | Dossier bancaire à constituer |

| Sécurité pour le maître d'ouvrage | Fonds consignés | Garantie bancaire |

Astuce : sur un marché de 300 000 euros, la retenue de garantie de 5 % représente 15 000 euros immobilisés pendant un an. Si votre banque vous proposé une caution à 1 %, le coût est de 150 euros. Le calcul est vite fait pour votre trésorerie.


Sous-traitance en marché privé : obligations et pièges à éviter

La sous-traitance concerne la grande majorité des chantiers. En marché privé, les règles sont différentes de celles du marché public, et les erreurs peuvent coûter cher.

Le cadre légal : la loi du 31 décembre 1975

La loi n 75-1334 du 31 décembre 1975 impose à l'entrepreneur principal de déclarer ses sous-traitants au maître d'ouvrage et d'obtenir leur agrément ainsi que l'agrément de leurs conditions de paiement.

En marché privé, le non-respect de cette obligation entraîne la nullité du contrat de sous-traitance, avec des conséquences en cascade : le sous-traitant non déclaré peut agir directement contre le maître d'ouvrage pour obtenir le paiement de ses prestations (action directe, article 12 de la loi de 1975).

Marche Prive Btp Regles - illustration 2

Paiement direct vs action directe

La distinction est fondamentale et souvent source de confusion :

  • Paiement direct (marchés publics uniquement) : le maître d'ouvrage paie directement le sous-traitant agréé, dès 600 euros TTC de prestations. Ce mécanisme est obligatoire et automatique.

  • Action directe (marchés privés) : le sous-traitant peut se retourner contre le maître d'ouvrage si l'entrepreneur principal ne le paie pas, à condition d'avoir été agréé. C'est un recours judiciaire, pas un paiement automatique.

Les garanties de paiement du sous-traitant en marché privé

L'entrepreneur principal doit fournir au sous-traitant une garantie de paiement sous forme de :

  • Caution bancaire d'un établissement de crédit

  • Délégation de paiement acceptée par le maître d'ouvrage

A défaut de garantie, le sous-traitant peut refuser de commencer ou de poursuivre les travaux.

Checklist sous-traitance : les vérifications obligatoires

Avant de confier des travaux à un sous-traitant, vérifiez systématiquement :

  • Extrait Kbis de moins de 3 mois

  • Attestation de vigilance URSSAF en cours de validité

  • Attestation d'assurance RC décennale couvrant les travaux confiés

  • Attestation d'assurance RC professionnelle

  • Liste des salariés étrangers soumis à autorisation de travail

  • Absence de condamnation pour travail dissimulé (vérification possible via les attestations URSSAF)

Attention : le donneur d'ordres qui ne procède pas à ces vérifications engage sa responsabilité solidaire en matière de travail dissimulé (article L.8222-1 du Code du travail). Les sanctions incluent le paiement solidaire des cotisations sociales éludées et des amendes pouvant atteindre 225 000 euros pour les personnes morales. Pour approfondir le cadre légal, consultez notre article sur les obligations légales de la sous-traitance BTP.

Les entreprises qui centralisent la gestion de leurs sous-traitants via un ERP comme ConstrOK réduisent les risques de non-conformité : le logiciel alerte automatiquement lorsqu'une attestation URSSAF ou une assurance décennale arrive à expiration, et bloque la validation d'un ordre de service tant que le dossier administratif du sous-traitant est incomplet. Sur un chantier multi-lots, cette automatisation évite les oublis qui peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros en sanctions.


Réception des travaux en marché privé : procédure et conséquences

La réception est l'acte juridique le plus important du marché de travaux. Elle marque le transfert de propriété, le point de départ des garanties légales et la fin des obligations d'exécution de l'entrepreneur.

Les formes de réception

Trois modalités existent en marché privé :

Réception expresse : le maître d'ouvrage prononce la réception par un procès-verbal contradictoire, avec ou sans réserves. C'est la forme recommandée, car elle ne laisse aucune ambiguïté sur la date et les éventuelles réserves. Notre article sur la réception des travaux et la gestion des réserves détaille la marche à suivre étape par étape.

Réception tacite : en l'absence de procès-verbal, la réception peut être déduite du comportement du maître d'ouvrage (prise de possession des lieux, paiement intégral du solde). La jurisprudence reconnaît cette forme, mais elle est source de contentieux car la date exacte est souvent discutée.

Réception judiciaire : prononcée par le tribunal lorsque le maître d'ouvrage refusé injustement de réceptionner les travaux. L'entrepreneur doit saisir le juge.

La réception avec réfaction de prix (NF P 03-001 version 2017)

La version 2017 de la norme NF P 03-001 a introduit un mécanisme de réception avec abattement de prix pour les non-conformités mineures. Le maître d'ouvrage accepte les travaux moyennant une réduction proportionnelle du prix.

Ce dispositif fluidifie les réceptions, mais comporte un risque : les désordres acceptés via la réfaction ne sont plus couverts par la garantie décennale ni par l'assurance dommages-ouvrage. La MAF recommande de n'y recourir que pour des malfaçons véritablement mineures et peu susceptibles de créer des problèmes futurs.

Les conséquences de la réception

La réception déclenche :

  • Le point de départ de la garantie de parfait achèvement (1 an)

  • Le point de départ de la garantie biennale (2 ans)

  • Le point de départ de la garantie décennale (10 ans)

  • Le transfert des risques au maître d'ouvrage

  • L'obligation de lever les réserves dans le délai contractuel

  • Le démarrage du délai de 12 mois pour la restitution de la retenue de garantie


FAQ

La norme NF P 03-001 est-elle obligatoire pour les marchés privés de bâtiment ?

Non. La norme NF P 03-001 est un document contractuel volontaire. Elle ne s'applique que si le contrat la mentionne explicitement. Son utilisation est recommandée car elle fournit un cadre équilibré couvrant l'ensemble des situations courantes (paiement, réception, sous-traitance, aléas), mais les parties restent libres de s'en passer ou d'y déroger par des clauses particulières.

Quel est le délai de paiement maximum en marché privé BTP ?

Le délai de paiement entre professionnels ne peut pas dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois. Le délai par défaut, en l'absence de stipulation contractuelle, est de 30 jours. Au-delà de ces plafonds, les clauses sont réputées non écrites et des pénalités de retard s'appliquent automatiquement (taux minimum : 3 fois le taux d'intérêt légal + 40 euros d'indemnité forfaitaire par facture).

Comment fonctionne la garantie de paiement en marché privé ?

L'article 1799-1 du Code civil oblige le maître d'ouvrage à fournir une garantie de paiement à l'entrepreneur pour tout marché de travaux privé supérieur à 12 000 euros HT. Cette garantie prend la forme d'un crédit bancaire, d'un cautionnement solidaire ou d'une stipulation contractuelle. Si la garantie n'est pas fournie, l'entrepreneur peut suspendre les travaux après une mise en demeure de 15 jours restée sans effet.

Peut-on négocier le taux de la retenue de garantie ?

Oui. Le taux de 5 % fixé par la loi du 16 juillet 1971 est un plafond, pas un taux fixe. Les parties peuvent convenir d'un taux inférieur (3 %, 2 %) ou supprimer la retenue de garantie. L'entrepreneur peut aussi proposer une caution bancaire en remplacement, ce qui lui permet d'être payé à 100 % sur chaque situation tout en offrant la même sécurité au maître d'ouvrage.

Un sous-traitant non déclaré peut-il agir contre le maître d'ouvrage en marché privé ?

Oui. La loi du 31 décembre 1975 accorde au sous-traitant une action directe contre le maître d'ouvrage, même en marché privé, si l'entrepreneur principal ne le paie pas. Le sous-traitant doit mettre en demeure l'entrepreneur principal, puis agir directement auprès du maître d'ouvrage dans la limite des sommes que celui-ci doit encore à l'entrepreneur principal.

Quelle est la différence entre réception expresse et réception tacite ?

La réception expresse est formalisée par un procès-verbal contradictoire signé par le maître d'ouvrage et l'entrepreneur. La réception tacite se déduit du comportement du maître d'ouvrage (prise de possession, paiement du solde). Les deux ont les mêmes effets juridiques, mais la réception tacite est source de contentieux car la date exacte est souvent contestée. La réception expresse est toujours recommandée.


Sources


ConstrOK : sécurisez vos marchés privés de la contractualisation au paiement

Suivi des situations de travaux, gestion de la retenue de garantie, relance des paiements, traçabilité des sous-traitants : les enjeux des marchés privés exigent des outils structurés. ConstrOK centralisé la gestion financière et contractuelle de vos chantiers pour réduire les retards de paiement et sécuriser vos encaissements.

ConstrOK est l'ERP cloud pensé pour les constructeurs, maîtres d'œuvre et entreprises du bâtiment qui veulent piloter leurs chantiers, protéger leurs marges et simplifier leur quotidien.

Demandez votre démonstration personnalisée et découvrez comment ConstrOK peut s'adapter à votre activité.