Contrôles DGCCRF des constructeurs de maisons : infractions fréquentes et prévention
Lors de la dernière grande enquête sectorielle de la DGCCRF sur la construction de maisons individuelles, **58 % des établissements contrôlés présentaient au moins une non-conformité**.
Sommaire
- Ce que la DGCCRF contrôle chez les constructeurs de maisons individuelles
- 58 % de non-conformité : les chiffres clés des enquêtes DGCCRF
- Les 10 infractions les plus relevées par la DGCCRF chez les CMI
- Quelles sanctions risque un constructeur en cas de contrôle DGCCRF ?
- Comment se déroule un contrôle DGCCRF dans une entreprise de construction ?
- Comment prévenir les infractions et sécuriser votre conformité CCMI
- Checklist de conformité DGCCRF pour constructeurs de maisons
- FAQ
Lors de la dernière grande enquête sectorielle de la DGCCRF sur la construction de maisons individuelles, 58 % des établissements contrôlés présentaient au moins une non-conformité. Ce chiffré, stable depuis plusieurs campagnes, place les constructeurs de maisons parmi les professionnels les plus exposés aux contrôles de la répression des fraudes. La DGCCRF constructeur maison, ce n'est pas un risque théorique : c'est une réalité opérationnelle qui concerne plus d'un professionnel sur deux.
Cet article détaille les 10 infractions les plus fréquemment relevées par la DGCCRF chez les constructeurs de maisons individuelles, les sanctions encourues (jusqu'à 300 000 euros d'amende et 2 ans d'emprisonnement), et les mesures concrètes pour sécuriser votre activité.
En bref : Les contrôles DGCCRF ciblent en priorité la conformité des contrats CCMI, la publicité, les garanties obligatoires et l'échéancier de paiement. Avec 58 % de taux de non-conformité constaté, les sanctions vont de l'avertissement à la condamnation pénale. La prévention repose sur trois piliers : des contrats conformes, une documentation complète et un suivi rigoureux des obligations réglementaires.
Ce que la DGCCRF contrôle chez les constructeurs de maisons individuelles
Quel est le rôle de la DGCCRF dans le secteur de la construction ?
La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) est l'administration chargée de protéger les consommateurs et de veiller au respect des règles de concurrence. Dans le secteur de la construction de maisons individuelles, elle intervient pour vérifier que les constructeurs respectent le cadre légal du CCMI, défini par la loi du 19 décembre 1990 et codifié aux articles L.231-1 à L.232-2 du Code de la construction et de l'habitation (CCH). Pour une vision complète de ce cadre contractuel, consultez notre guide des obligations du constructeur en CCMI.
Les enquêteurs de la DGCCRF ne se limitent pas aux contrôles documentaires. Ils examinent les contrats, les publicités, les sites internet, les conditions générales de vente, les documents précontractuels et les pièces annexées aux CCMI. Ils interrogent aussi les acquéreurs pour recouper les informations.
Quels types d'entreprises sont visés ?
Les contrôles DGCCRF ne ciblent pas uniquement les constructeurs titulaires d'un CCMI. Selon les résultats publiés par la DGCCRF, les enquêtes couvrent un spectre large :
- Les constructeurs de maisons individuelles (avec ou sans fourniture de plan)
- Les maîtres d'œuvre qui exercent une activité de constructeur sans en respecter les obligations
- Les entreprises générales du bâtiment intervenant sur des projets de maisons
- Les courtiers en travaux et les bureaux d'études se présentant comme constructeurs
Lors d'une enquête nationale, 250 établissements ont été visités, incluant des constructeurs spécialisés en maisons bois, des maîtres d'œuvre, des entreprises générales et des courtiers immobiliers.
58 % de non-conformité : les chiffres clés des enquêtes DGCCRF
Des taux d'infraction parmi les plus élevés tous secteurs confondus
Les enquêtes successives de la DGCCRF dans le secteur de la construction de maisons individuelles révèlent un taux de non-conformité remarquablement constant et élevé.
| Enquête | Établissements contrôlés | Taux de non-conformité | Suites données |
|---|---|---|---|
| Enquête nationale CCMI (la plus récente publiée) | 250 | 58 % | 87 avertissements, 56 injonctions, 31 PV pénaux |
| Enquête sectorielle précédente | 285 | 55 % | Mesures pédagogiques, correctives et répressives |
| Enquête ciblée antérieure | 139 | ~50 % | 34 % publicité trompeuse, 24 % absence de garantie de livraison |
Selon la DGCCRF, les enquêteurs constatent « la persistance d'un niveau toujours élevé d'anomalies » dans ce secteur. Pour comparaison, le bilan 2024 de la DGCCRF indique un taux global de sanctions graves de 8,3 % sur les 64 979 établissements contrôlés tous secteurs confondus, selon Tests et Bons Plans. Le secteur de la construction de maisons se situé donc très au-dessus de la moyenne nationale.
Pourquoi ce taux reste-t-il aussi élevé ?
Trois facteurs expliquent cette persistance. D'abord, la complexité du cadre juridique du CCMI : entre les mentions obligatoires du contrat, les annexes, les garanties comme la décennale, l'échéancier de paiement et les assurances, la liste des obligations est longue. Ensuite, le turnover des acteurs : de nouvelles structures apparaissent régulièrement, sans toujours maîtriser le cadre réglementaire. Enfin, le phénomène des « faux constructeurs », qui contournent délibérément les obligations du CCMI.
Les 10 infractions les plus relevées par la DGCCRF chez les CMI
1. Le phénomène des « faux constructeurs »
L'infraction la plus surveillée par la DGCCRF concerne les professionnels qui exercent une activité de constructeur de maisons individuelles sans en respecter les obligations légales. Ces « faux constructeurs » se présentent comme maîtres d'œuvre, bureaux d'études ou entreprises générales du bâtiment, mais réalisent des prestations relevant du CCMI au sens des articles L.231-1 et suivants du CCH.
Leur stratégie consiste à ne pas faire signer de contrat CCMI, à ne pas souscrire de garantie de livraison à prix et délais convenus, et parfois à ne pas réaliser eux-mêmes les travaux de mise hors d'air pour échapper aux obligations qui en découlent.
Ce que vous risquez : la requalification de vos contrats en CCMI par le juge, avec nullité potentielle du contrat, et des poursuites pénales pouvant aller jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 37 500 euros d'amende (articles L.241-8 et L.241-9 du CCH). Pour approfondir ce sujet, notre article sur la responsabilité du constructeur en cas de vices cachés détaille les conséquences juridiques.
2. Publicité trompeuse et allégations non fondées
La publicité trompeuse arrive en tête des infractions constatées dans les enquêtes DGCCRF ciblées, avec un taux de 34 % des anomalies relevées lors d'une enquête sur 139 entreprises. Les pratiques les plus fréquentes :
- S'afficher comme « constructeur de maisons individuelles » sans détenir ce statut
- Revendiquer des certifications, qualifications ou labels non détenus (NF Habitat, Qualibat, etc.)
- Utiliser des termes ambigus comme « clés en main » ou « réalisation de plan » sans qualifier précisément la prestation
- Afficher des réalisations ou des années d'expérience non vérifiables
Ce que vous risquez : jusqu'à 300 000 euros d'amende et 2 ans d'emprisonnement pour pratiques commerciales trompeuses (article L.132-2 du Code de la consommation). L'amende peut être portée à 10 % du chiffre d'affaires annuel moyen.
3. Absence ou non-conformité de la garantie de livraison
La garantie de livraison à prix et délais convenus, prévue par l'article L.231-6 du CCH, constitue la protection fondamentale de l'acquéreur dans un CCMI. Son absence représente 24 % des anomalies lors d'une enquête DGCCRF ciblée. Sans cette garantie, le maître d'ouvrage ne dispose d'aucun recours en cas de défaillance du constructeur.

La DGCCRF constaté que cette garantie est systématiquement absente chez les « faux constructeurs », ce qui génère « un risque financier accru pour les particuliers » et constitue une « concurrence déloyale vis-à-vis des constructeurs qui respectent le formalisme contractuel ». Notre guide sur l'assurance dommages-ouvrage complète cette question des garanties obligatoires.
Des ERP spécialisés comme ConstrOK permettent d'intégrer la vérification des garanties obligatoires directement dans le workflow de création de contrat, avec des alertes automatiques lorsqu'une attestation arrive à expiration ou qu'une pièce obligatoire manque au dossier.
4. Mentions obligatoires manquantes dans le contrat CCMI
Le contrat CCMI doit contenir un nombre précis de mentions obligatoires définies par les articles L.231-2 et R.231-2 du CCH. Les enquêteurs de la DGCCRF relèvent régulièrement des manquements sur :
- La référence à l'assurance dommages-ouvrage que le maître d'ouvrage doit obligatoirement souscrire
- La référence aux assurances professionnelles du constructeur (responsabilité civile décennale, responsabilité civile professionnelle)
- La désignation précise du terrain destiné à l'implantation
- Les modalités de révision de prix (référence à l'indice BT01)
- Les conditions suspensives (obtention du permis de construire, obtention du financement)
Un contrat CCMI incomplet expose le constructeur à la nullité du contrat, que le maître d'ouvrage peut invoquer à tout moment pendant la construction.
5. Non-respect de l'échéancier de paiement légal
L'article R.231-7 du CCH fixe les pourcentages maximaux d'appels de fonds à chaque étape de l'avancement des travaux. Tout appel de fonds anticipé ou intermédiaire (hors des stades d'avancement prévus par la loi) constitue une infraction pénale au titre de l'article L.241-1 du CCH.
Exemple concret : un constructeur a été condamné par un tribunal correctionnel à 1 an d'emprisonnement avec sursis pour avoir procédé à des appels de fonds non conformes à l'échéancier légal. Il a dû rembourser 8 193 euros indûment perçus et verser 2 000 euros de dommages-intérêts pour préjudice moral, selon UFC-Que Choisir.
6. Défaut d'information sur le droit de rétractation
Depuis la loi Macron de 2015, le délai de rétractation est passé de 7 à 10 jours pour les contrats conclus hors établissement. La DGCCRF relève que certains contrats mentionnent encore l'ancien délai de 7 jours, ce qui constitue un manquement à l'obligation d'information précontractuelle.
L'absence totale de mention du droit de rétractation dans le contrat CCMI expose le constructeur à une amende administrative pouvant atteindre 30 000 euros.
7. Absence de notice descriptive conforme
La notice descriptive est un document annexé au contrat CCMI qui détaille les caractéristiques techniques de la construction. Elle doit être conforme au modèle fixé par l'arrêté du 28 novembre 1991 et respecter les normes NF DTU en vigueur. La DGCCRF constaté régulièrement que le montant des travaux dont le maître d'ouvrage se réserve l'exécution n'est pas chiffré dans la notice, alors que cette obligation est imposée pour permettre au client de mesurer l'engagement financier total de son projet.
8. Non-respect des obligations en matière d'assurances
Deux obligations d'assurance sont fréquemment contrôlées par la DGCCRF :
- L'assurance de responsabilité civile décennale du constructeur : obligatoire pour tout professionnel qui construit ou fait construire. Son absence ou son défaut de mention dans le contrat CCMI constitue une infraction. Consultez notre guide complet sur la garantie décennale pour vérifier vos obligations.
- L'information sur l'assurance dommages-ouvrage : le constructeur doit informer le maître d'ouvrage de son obligation de souscrire une assurance dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier.
L'attestation de garantie de livraison, délivrée par un garant agréé, doit être annexée au contrat. Son absence est l'un des manquements les plus fréquemment relevés.
9. Encaissement avant la signature du contrat
L'article L.231-4 du CCH interdit au constructeur de recevoir quelque paiement que ce soit avant la signature du contrat CCMI. Cette interdiction couvre les acomptes, arrhes, frais de dossier ou tout autre versement, quelle que soit sa dénomination. La DGCCRF contrôle cette interdiction de manière systématique, car elle protège le consommateur pendant son délai de réflexion.
10. Dématérialisation non conforme du contrat CCMI
Un constat plus récent de la DGCCRF concerne la dématérialisation des contrats CCMI. Certains constructeurs proposent la signature électronique de leurs contrats sans respecter les exigences du Code civil en matière de signature électronique qualifiée. Le contrat CCMI, soumis à un formalisme strict, doit être remis en main propre ou par lettre recommandée avec avis de réception. Sa dématérialisation sans respect des conditions légales fragilise la validité du contrat. La mise en place d'une GED (gestion électronique des documents) conforme aux exigences légales permet de sécuriser cette transition numérique.
Quelles sanctions risque un constructeur en cas de contrôle DGCCRF ?
L'échelle des sanctions : de l'avertissement à la condamnation pénale
La DGCCRF dispose d'un arsenal gradué de mesures, qu'elle adapte à la gravité des manquements constatés.
| Type de mesure | Nature | Exemples d'infractions concernées |
|---|---|---|
| Avertissement | Pédagogique — pas de sanction, rappel à la loi | Mention incomplète, erreur ponctuelle sur un document |
| Injonction de mise en conformité | Corrective, obligation de régulariser sous délai | Contrat CCMI non conforme, publicité à rectifier |
| Amende administrative | Répressive, jusqu'à 30 000 euros | Défaut d'information sur le droit de rétractation |
| Procès-verbal pénal | Répressive, transmission au procureur | Absence de garantie de livraison, faux constructeur, appels de fonds illicites |
Lors de la dernière enquête nationale DGCCRF sur les CCMI, les 250 contrôles ont donné lieu à 87 avertissements, 56 injonctions, 31 procès-verbaux pénaux, 1 rapport administratif et 1 assignation civile.
Les peines maximales prévues par le Code de la construction
Les infractions aux règles du CCMI sont sanctionnées par l'article L.241-1 du CCH :
- 2 ans d'emprisonnement et 37 500 euros d'amende pour le non-respect de l'échéancier de paiement, l'absence de contrat écrit conforme, ou le défaut de garantie de livraison
- 300 000 euros d'amende et 2 ans d'emprisonnement pour pratiques commerciales trompeuses (Code de la consommation, article L.132-2), avec possibilité de porter l'amende à 10 % du chiffre d'affaires annuel moyen
- Nullité du contrat prononcée par le juge civil si les mentions obligatoires font défaut — le constructeur doit alors restituer les sommes perçues
Mise en situation : un dirigeant de PME de construction (25 maisons par an, CA de 4 millions d'euros) qui omet systématiquement la mention de la garantie de livraison dans ses CCMI s'expose, en cas de contrôle DGCCRF suivi de poursuites, à une amende pénale de 37 500 euros par contrat non conforme, plus le risque de nullité de chaque contrat en cours. Sur 25 chantiers, le montant cumulé des risques dépasse le million d'euros.
Comment se déroule un contrôle DGCCRF dans une entreprise de construction ?
Avant le contrôle : ce que les enquêteurs préparent
Les contrôles DGCCRF peuvent être déclenchés de plusieurs manières : dans le cadre d'une enquête nationale sectorielle (programmée annuellement), suite à une plainte de consommateur déposée sur la plateforme SignalConso, ou sur signalement d'un professionnel concurrent.
Avant de se déplacer, les enquêteurs analysent les publicités et le site internet du constructeur, vérifient les certifications et labels revendiqués, et consultent les éventuels antécédents de l'entreprise.
Pendant le contrôle : les documents demandés
Les agents de la DGCCRF sont habilités à accéder aux locaux professionnels pendant les heures d'ouverture, sans rendez-vous préalable. Ils demandent généralement :
- Les modèles de contrats CCMI utilisés
- Les notices descriptives types
- Les attestations de garantie de livraison en cours de validité
- Les justificatifs d'assurance (RC décennale, RC professionnelle)
- Les documents publicitaires (brochures, site internet, annonces)
- Un échantillon de contrats signés avec les annexes
- Les factures d'appels de fonds émises et leur correspondance avec l'avancement réel des chantiers
💡 Astuce terrain : avec un ERP cloud comme ConstrOK, l'ensemble de ces documents — contrats, attestations d'assurance, constats d'avancement, factures, est centralisé et accessible en quelques clics depuis n'importe quel poste. Le jour du contrôle, vous produisez chaque pièce demandée sans fouiller dans des classeurs ou des boîtes mail dispersées.
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Après le contrôle : les suites possibles
Le délai entre le contrôle et la notification des résultats varié de quelques semaines à plusieurs mois. En cas de manquement, le constructeur reçoit un courrier précisant les infractions constatées et la suite donnée (avertissement, injonction ou procès-verbal). Pour les injonctions, un délai de mise en conformité est fixé, suivi d'un contrôle de vérification.

Comment prévenir les infractions et sécuriser votre conformité CCMI
Auditer vos contrats CCMI : les 12 points à vérifier
La première action de prévention consiste à faire vérifier vos modèles de contrats par un avocat spécialisé en droit de la construction. Cet audit doit couvrir les 12 mentions obligatoires de l'article L.231-2 du CCH, la conformité de la notice descriptive, les conditions suspensives, l'échéancier de paiement conforme à l'article R.231-7, et les informations sur le droit de rétractation de 10 jours. Notre article sur les obligations détaillées du CCMI peut servir de base à cette vérification.
Le coût d'un audit juridique de vos modèles de contrats (1 500 à 3 000 euros selon la complexité) est dérisoire comparé au risque d'une nullité de contrat ou d'une condamnation pénale.
Structurer votre veille réglementaire
Le cadre juridique du CCMI évolue régulièrement. La loi ELAN de 2018, la réforme du droit de la consommation, la RE2020 et les évolutions jurisprudentielles modifient les obligations des constructeurs. Trois pratiques permettent de rester à jour :
- Adhérer à une fédération professionnelle (Pôle Habitat FFB, LCA-FFB) qui diffuse des alertes réglementaires
- S'abonner aux publications de la DGCCRF sur economie.gouv.fr
- Faire réviser vos modèles de contrats au minimum une fois par an
Fiabiliser votre gestion des appels de fonds
Le non-respect de l'échéancier de paiement est une infraction pénale. Pour la prévenir, chaque appel de fonds doit être déclenché sur la base d'un constat d'avancement documenté. Ce constat doit être contradictoire (signé par le constructeur et le maître d'ouvrage ou son représentant) et correspondre exactement aux stades définis par l'article R.231-7 du CCH.
Un suivi rigoureux de l'avancement physique de chaque chantier, corrélé à l'échéancier contractuel, est le meilleur rempart contre cette infraction. Les constructeurs qui automatisént cette corrélation via un ERP comme ConstrOK réduisent drastiquement le risque d'erreur : le système bloque tout appel de fonds qui ne correspond pas à un stade d'avancement atteint et constaté, et génère les montants conformes aux pourcentages réglementaires de l'article R.231-7.
Sécuriser vos supports de communication
Vérifiez chaque support de communication (site internet, plaquettes, annonces, réseaux sociaux) au regard des règles sur les pratiques commerciales trompeuses. Toute certification, qualification ou label mentionné doit être détenu et en cours de validité. Les visuels de réalisations doivent correspondre à des chantiers réellement réalisés par votre entreprise.
Anticiper la phase de livraison
La conformité DGCCRF ne s'arrête pas à la signature du contrat. La phase de livraison de la maison individuelle et la réception des travaux sont des moments où les obligations contractuelles du CCMI doivent être scrupuleusement respectées. Les réserves émises lors de la réception, les délais de levée, les retenues de garantie : chaque étape est encadrée et potentiellement contrôlable.
Si vous faites appel à des sous-traitants, vérifiez que les clauses contractuelles avec ces derniers sont conformes à la loi de 1975 et que leur couverture assurantielle est à jour.
Checklist de conformité DGCCRF pour constructeurs de maisons
Cette checklist couvre les points les plus contrôlés par la DGCCRF. Passez-la en revue trimestriellement.
Contrat CCMI :
- Les 12 mentions obligatoires de l'article L.231-2 sont présentes
- La notice descriptive est conforme au modèle réglementaire
- Le montant des travaux réservés par le maître d'ouvrage est chiffré
- L'échéancier de paiement respecté les pourcentages de l'article R.231-7
- Le délai de rétractation de 10 jours est mentionné avec les modalités d'exercice
- Les conditions suspensives (permis de construire, financement) sont présentes
Garanties et assurances :
- L'attestation de garantie de livraison à prix et délais convenus est annexée au contrat
- La garantie de remboursement est en place (le cas échéant)
- L'assurance RC décennale est en cours de validité et mentionnée dans le contrat
- L'information sur l'obligation d'assurance dommages-ouvrage figure dans le contrat
Publicité et communication :
- Aucune certification ou label non détenu n'est affiché
- Les termes utilisés (constructeur, clés en main) correspondent à la réalité de la prestation
- Les réalisations présentées sont vérifiables et attribuables à votre entreprise
Gestion opérationnelle :
- Aucun paiement n'est encaissé avant la signature du contrat
- Les appels de fonds correspondent à des stades d'avancement atteints et constatés
- Les constats d'avancement sont documentés et contradictoires
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FAQ
La DGCCRF peut-elle contrôler un constructeur sans prévenir ?
Oui. Les agents de la DGCCRF disposent d'un droit d'accès aux locaux professionnels pendant les heures d'ouverture, sans obligation de prendre rendez-vous. Ils peuvent demander la communication de tout document lié à l'activité commerciale : contrats, factures, publicités, attestations d'assurance. Refuser de coopérer constitue un délit d'obstacle à contrôle, passible de 2 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.
Quel est le délai de prescription pour les infractions CCMI constatées par la DGCCRF ?
Les infractions pénales liées au CCMI se prescrivent par 6 ans à compter de la commission des faits (prescription de droit commun des délits). Les actions en nullité du contrat CCMI pour vice de forme sont soumises au délai de droit commun de 5 ans. Un contrôle DGCCRF peut donc avoir des conséquences sur des contrats signés plusieurs années auparavant.
Un maître d'œuvre peut-il être requalifié en constructeur par la DGCCRF ?
Oui, et c'est l'un des axes prioritaires des enquêtes DGCCRF. Si un maître d'œuvre prend en charge la conception et la réalisation complète d'une maison (y compris la coordination de tous les lots et la responsabilité du résultat), la DGCCRF peut considérer qu'il exerce une activité de constructeur de maisons individuelles au sens de l'article L.231-1 du CCH, avec toutes les obligations qui en découlent.
Que faire si la DGCCRF relève une non-conformité dans mes contrats ?
En cas d'avertissement ou d'injonction, corrigez immédiatement vos modèles de contrats et faites-les valider par un avocat spécialisé. Mettez à jour tous les contrats en cours si possible. En cas de procès-verbal pénal, consultez un avocat pénaliste sans délai. La bonne foi et la régularisation rapide sont des éléments que le tribunal prend en compte dans la détermination de la peine.
Les constructeurs membres d'une fédération professionnelle sont-ils moins contrôlés ?
Non. L'adhésion à une fédération (Pôle Habitat FFB, LCA-FFB) ne dispense pas des contrôles DGCCRF. Elle offre un avantage indirect : les fédérations fournissent des modèles de contrats conformes, des alertes réglementaires et un accompagnement juridique qui réduisent le risque d'infraction. Lors des enquêtes DGCCRF, les taux de non-conformité sont généralement plus faibles chez les adhérents de fédérations professionnelles.
Sources
- DGCCRF, « Construction de maison individuelle : des pratiques trompeuses et des contrats rarement conformes », economie.gouv.fr, [https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/construction-maison-individuelle-des-pratiques-trompeuses-et-des-contrats-rarement-conformes] S0
- DGCCRF, « Contrôle des contrats de construction de maison individuelle », economie.gouv.fr, [https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/controle-des-contrats-construction-maison-individuelle-0] S0
- DGCCRF, « Les contrats de construction de maison individuelle à la loupe », economie.gouv.fr, [https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-contrats-de-construction-de-maison-individuelle-la-loupe] S0
- Pôle Habitat FFB, « Enquête DGCCRF sur la construction de maisons : déceler le vrai constructeur du faux constructeur », polehabitat-ffb.com, [https://www.polehabitat-ffb.com/actualites/658-enquete-dgccrf-sur-la-construction-de-maisons-deceler-le-vrai-constructeur-du-faux-constructeur.html] S0
- UFC-Que Choisir, « Maisons individuelles — Un constructeur condamné au pénal », quechoisir.org, [https://www.quechoisir.org/actualite-maisons-individuelles-un-constructeur-condamne-au-penal-n4245/] S0
- DGCCRF, « Bilan d'activité 2024 et perspectives 2025 », economie.gouv.fr, [https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/actualites-dgccrf/la-dgccrf-en-action-bilan-de-lactivite-2024-et-perspectives-2025] S0
- Tests et Bons Plans, « Bilan 2024 de la DGCCRF : infractions et sanctions en augmentation », avril 2025, [https://www.tests-et-bons-plans.fr/2025/04/actus-bilan-2024-dgccrf-augmentation-infractions-sanctions.html] S0
- Légifrance, « Chapitre Ier : Contrat de construction d'une maison individuelle avec fourniture du plan (Articles L231-1 à L231-13) », [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006159020] S0
- Batiactu, « 58 % des contrats de construction de maisons individuelles non conformes », batiactu.com, [https://www.batiactu.com/edito/58-contrats-construction-maisons-individuelles-non-48177.php] S0
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